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Des manifestants bloquent le siège du gouvernement ukrainien

02/12/2013 07:29 EST | Actualisé 01/02/2014 05:12 EST

Un millier de manifestants ont bloqué lundi l'accès au siège du gouvernement ukrainien, à l'appel de l'opposition, qui réclame la démission du président Viktor Ianoukovitch après sa volte-face sur le rapprochement économique avec l'Union européenne (UE).

En réponse au mot d'ordre de grève générale lancé par les pro-Européens au lendemain d'une manifestation qui a rassemblé quelque 350 000 personnes dans les rues de Kiev, des barricades de fortune ont été érigées par les protestataires aux abords des bâtiments gouvernementaux.

Le revirement de Kiev, annoncé le 21 novembre, a été entériné vendredi au sommet du partenariat oriental de Vilnius, où Viktor Ianoukovitch a refusé de signer un accord d'association et de libre-échange avec l'UE, à ses yeux désavantageux pour l'Ukraine.

Mais l'opposition ne désarme pas, et la brutale dispersion des manifestants pro-UE samedi matin place de l'Indépendance, haut lieu de la « révolution orange » de décembre 2004 dans le centre de Kiev, a renforcé sa détermination.

« On est obligés de se défendre et de défendre nos acquis », dit Taras Revounets, l'un des occupants de l'hôtel de ville de Kiev, transformé en centre opérationnel par des centaines de manifestants rassemblés là depuis dimanche.

Sur la place de l'Indépendance, des manifestants ont à nouveau établi des campements de fortune.

Une tribune a été installée pour les orateurs au centre de la place, fermée par des barricades dressées pendant la nuit à l'aide de bancs publics, de barrières de police et de morceaux d'un faux sapin de Noël géant. Des prêtres orthodoxes sont venus prier pour les blessés. La police est discrète au centre-ville.

Non loin, des manifestants bloquent le principal accès au siège du gouvernement.

« Les employés ne peuvent pas entrer dans le bâtiment. Des négociations se poursuivent avec les manifestants pour permettre aux employés d'entrer », a déclaré le porte-parole du premier ministre Mikola Azarov.

Légitimité

Par ailleurs, Sergueï Arbouzov, numéro deux du gouvernement, est apparu à une réunion d'une commission parlementaire. « Je suis ici pour montrer que le gouvernement travaille », a-t-il dit.

La présidence n'a fait aucun commentaire sur les événements en cours. Viktor Ianoukovitch doit quitter l'Ukraine mardi pour une visite officielle en Chine, prévue jusqu'à vendredi.

Depuis son élection en février 2010, le chef de l'État dit vouloir trouver un équilibre entre le rapprochement avec l'Europe et la préservation de liens amicaux avec la Russie. Mais les pro-Européens l'accusent de s'aligner sur Moscou.

« Ianoukovitch fera tout ce que lui dit [le président russe Vladimir] Poutine », dit l'un d'eux, Oleksander, 49 ans. « Il a perdu toute légitimité depuis longtemps. Sa décision d'envoyer des policiers taper sur des enfants était la goutte d'eau ».

Oleksander précise qu'il a voté Ianoukovitch par le passé et milité pour le Parti des régions avant de passer à l'opposition.

Du côté du parti présidentiel, on juge que l'opposition présume de ses forces. « L'opposition croit venu son moment de gloire. Je crois que ce n'est pas le cas », déclare le chef du groupe parlementaire pro-Ianoukovitch.

Il est difficile d'évaluer l'impact de l'appel à la grève générale dans les activités des secteurs public et privé.

La Banque nationale d'Ukraine, la banque centrale, dont le siège est situé près de celui du gouvernement, opérait lundi comme à l'accoutumée, ainsi que les transports en commun et les hôpitaux de la capitale, qui compte 3 millions d'habitants.

À Lviv, deuxième ville du pays, à la réputation « pro-européenne », les autorités ont déclaré que la grève était principalement le fait des entreprises privées et des étudiants. L'appel à la grève n'a pas eu d'impact sur l'industrie régionale ni les transports publics, ont-elles dit.

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