POLITIQUE

Stephen Harper sera honoré pour son appui inébranlable envers Israël

30/11/2013 07:37 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
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NEW YORK, NY - SEPTEMBER 25: Stephen Harper, Prime Minister of Canada attends the 68th session of the United Nations General Assembly on September 25, 2013 in New York City. (Photo by John Berry/WireImage)

OTTAWA - Pendant une soirée, au moins, le premier ministre Stephen Harper pourra laisser de côté le scandale des dépenses du Sénat et son recul dans les intentions de vote pour se ressourcer parmi certains de ses plus fervents partisans: la communauté juive canadienne.

M. Harper sera le centre d'attention, dimanche, lors de la tenue du souper annuel Negev à Toronto, un gala caritatif visant à souligner son amitié et son appui inébranlable envers Israël — un changement marqué de la politique étrangère qui a entraîné de la frustration au sein des communautés arabes et musulmanes du pays.

Selon ce qu'a rapporté le National Post, vendredi, M. Harper y annoncera son intention d'effectuer son premier voyage en Israël, un pays dont le premier ministre Benyamin Nétanyahou se vante ouvertement de l'affection qu'il voue à l'ami qu'il appelle tout simplement «Stephen».

L'hommage rendu dimanche aura aussi une connotation monétaire. Ce soir-là, l'appréciation de M. Harper sera mesurable en espèces sonnantes et trébuchantes; la branche canadienne du Fonds national juif (FNJ) prévoit en effet annoncer le résultat d'une collecte de fonds visant à construire un refuge pour oiseaux, en Israël, qui portera le nom du premier ministre.

Josh Cooper, le directeur de la branche canadienne du FNJ, n'a pas voulu dire combien d'argent a été recueilli, mais il a parlé de la plus importante collecte de fonds jamais réalisée dans les 65 ans d'existence de l'organisme.

Ni M. Cooper, ni le porte-parole du premier ministre, Jason MacDonald, n'ont voulu expliquer ce qui avait convaincu le premier ministre de donner son nom au centre.

L'endroit est un projet de réhabilitation que le gouvernement israélien espère transformer en une importante attraction touristique — et le lieu idéal pour une prise de photos dans le cadre de l'éventuel déplacement de M. Harper en Israël.

Ce refuge est également l'un des seuls endroits au monde où le premier ministre peut échapper aux critiques mondiales voulant que le Canada traîne de la patte en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et soit un revendeur des sables bitumineux de l'Alberta.

Il pourrait cependant y avoir quelques voix discordantes, dimanche, à l'extérieur du Centre des congrès du Toronto métropolitain, où se déroulera l'événement.

Un groupe appelé Independent Jewish Voices - Canada et d'autres organisations comptent protester contre les politiques environnementales du premier ministre et son ordre du jour politique.

M. Harper a annoncé son appui envers Israël de façon inattendue, en 2006, lorsqu'il a dit à des journalistes que le bombardement israélien du Liban en réponse à l'enlèvement de deux de ses soldats par des militants du Hezbollah était une réponse «mesurée».

Depuis, alors que les critiques ont martelé qu'il avait compromis la réputation du Canada comme «négociateur honnête» au Moyen-Orient, le gouvernement Harper s'est de plus en plus rangé du côté d'Israël, autant en action qu'en mots.

En particulier, le Canada a été l'un des neuf pays à voter aux Nations unies contre la reconnaissance de l'État palestinien, en compagnie des États-Unis, entre autres.

Le dossier iranien a également vu Ottawa adopter une position unilatérale en faveur du gouvernement Nétanyahou.

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