POLITIQUE

Pétrole de l'île d'Anticosti : des spécialistes étaient réunis en colloque à Québec

30/11/2013 06:22 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
Clement Sabourin/AFP/Getty Images
TO GO WITH AFP STORY by Clement SABOURIN, CANADA-QUEBEC-OIL-GAS-ENERGY Denis Duteau, former mayor of Anticosti, inspects a well on August 13, 2013 on Anticosti Island, Canada, where oil exploration operations were conducted in 2010. Duteau was hired as a lobbyist by Petrolia, a Quebec oil company that plans to start pumping shale oil. Between 800 and 1,000 tourists are expected to visit Anticosti in the summer of 2013, but every Fall as many as 4,000 hunters come to the island in the Gulf of St. Lawrence. The size of the French island of Corsica in the Mediterranean, Anticosti has only 216 inhabitants. Quebec's Petrolia gas exploration company announced a partnership with the community to install an hydrocarbons exploration program scheduled to star in 2014. Economist specializing in energy issues, Pierre-Olivier Pineau believes that fracturing gas 'increases opportunities for fugitive gas leaks' that are 'worse for the greenhouse effect because it is methane that escapes without being checked.' AFP PHOTO / Clement SABOURIN (Photo credit should read Clement Sabourin/AFP/Getty Images)

Le dossier controversé d'un éventuel développement pétrolier sur l'île d'Anticosti et ses possibles répercussions sur l'environnement a fait l'objet d'un colloque samedi au Centre Frédéric Back, à Québec.

L'événement, qui était organisé par l'organisme Nature Québec, s'est tenu sous le thème Le pétrole d'Anticosti : mais où s'en va le Québec? Il a réuni de nombreux environnementalistes.

Le metteur en scène et citoyen engagé Dominic Champagne, l'ex-commissaire au Développement durable Harvey Mead, l'ingénieur-géologue Marc Durand et Hugo Tremblay du Centre québécois du droit de l'environnement, entre autres, ont participé au colloque.

Les opposants à l'exploitation pétrolière sur l'île d'Anticosti font valoir qu'un éventuel développement de cette industrie nuirait grandement à l'environnement. Ils s'inquiètent de voir que l'île, qui cache de vastes réserves pétrolières qui atteindraient 40 milliards de barils, suscite la convoitise des firmes Junex, Pétrolia et son partenaire Corridor Ressources.

« Ceux qui pensent que c'est le vol du siècle, qu'on est assis sur une fortune, qu'on est les futurs cheiks d'Amérique du Nord au Québec, je pense qu'il y a vraiment un ballon à dégonfler [...] Il y a des faits à établir », a affirmé Christian Simard, directeur général chez Nature Québec.

Ce dernier rappelle que pour extraire l'or noir de l'île, les compagnies devront probablement recourir à la fracturation hydraulique, ce qui aurait de sérieuses conséquences sur la nappe phréatique de l'île. « Il y a aussi la problématique des rivières à saumon. Il y a une hydrologie particulière à l'île d'Anticosti. Donc, il y a des enjeux qui sont majeurs », dit-il.

Christian Simard ajoute que le pétrole d'Anticosti est un pétrole de schiste, non conventionnel, dont l'exploitation risque de s'avérer particulièrement coûteuse.

De leur côté, certaines entreprises qui souhaitent exploiter les ressources pétrolières dans le sous-sol de l'île d'Anticosti tentent de se faire rassurantes.

Isabelle Proulx, vice-présidente au développement des affaires chez Pétrolia, tient à préciser que les informations sur la présence et l'exploitation possible de pétrole à l'île d'Anticosti restent fragmentaires à ce stade-ci.

« Il faut faire attention. Il faut commencer par le début, pouvoir explorer, savoir si oui ou non on va être capable d'exploiter ce pétrole-là », a-t-elle affirmé.

Rappelons que Pétrolia et d'autres compagnies détiennent d'ores et déjà des permis d'exploration. Elles pourraient commencer les forages sur l'île d'Anticosti dès l'an prochain.

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L'île d'Anticosti vue par le photographe Marc Lafrance