POLITIQUE

La députée libérale Fatima Houda-Pepin choisirait ses convictions avant son parti

29/11/2013 11:48 EST | Actualisé 30/01/2014 05:12 EST
Agence QMI

Dans sa première entrevue télévisée depuis qu'elle a confronté son parti sur la question de la laïcité, la députée libérale, Fatima Houda-Pepin, affirme qu'elle ferait passer ses convictions profondes et les intérêts de la province avant ceux du Parti libéral du Québec.

Lorsqu'on lui demande quel serait son choix entre ce qu'elle défend depuis maintenant 20 ans et ses allégeances politiques, elle répond sans hésiter.

Fatima Houda-Pepin s'exprimait dans le cadre de l'émission Après tout, c'est vendredi! Selon elle, la meilleure façon d'aborder ce débat est de se situer « au-dessus de la partisanerie ».

« Les intégristes sont morts de rire de voir que les démocrates sont si divisés. », ajoute la députée de La Pinière. « Ce combat n'est pas entre les musulmans et les chrétiens, c'est un combat entre les démocrates de toutes les religions et sans religion, et les intégristes de toutes les religions. Si on ne comprend pas ça, qui est la base de toute lutte qu'on peut mener efficacement et intelligemment, on aura raté notre chance. »

Les intégristes ont-ils pris le contrôle du débat contre la charte? « Chaque fois qu'il y a une crise qui touche l'islam, ces gens-là sont sur les premières lignes », répond-elle. « Ils récupèrent ces crises-là et les instrumentalisent pour leurs propres intérêts. »

La députée, qui est elle-même de confession musulmane, donne l'exemple de la manifestation de Montréal contre la charte, organisée par le Collectif contre l'homophobie. « Elle a largement été couverte par les médias, mais personne ne s'est posé la question : "Qui l'organise?" Ça fait partie du déficit de connaissances que je dénonce depuis longtemps. »

Elle soutient que le problème de l'intégrisme religieux est bien présent au Québec. « L'ailleurs est ici. Nous vivons dans un siècle où se dessine une tendance lourde, qui s'appelle le fanatisme religieux, qui se manifeste dans différentes religions. »

La charte des valeurs, un débat de société

Malgré tout, croit-elle, « la charte n'a pas raison d'être », un point de vue qu'elle « expliquera plus tard », dit-elle sans fournir plus de détails. « J'attends que les choses avancent au niveau de mon parti pour m'exprimer plus à fond sur le sujet. » En essence, Fatima Houda-Pepin croit que la charte des valeurs ne s'attaque pas au vrai problème de l'intégrisme religieux.

Par ailleurs, elle pense également que la province doit tendre la main aux communautés musulmanes qui s'intègrent à la société québécoise.

Elle écorche au passage Charles Taylor, qui a été coprésident de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables.

Ce dernier avait affirmé que les Algériennes ne voudraient plus venir s'installer au Québec, si on leur interdisait de porter le voile, parce qu'elles ne pourraient plus travailler. « Est-ce qu'on est réduit à ramener toutes les musulmanes à un foulard? » se désole Mme Houda-Pepin.

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