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L'Ukraine et l'UE échouent à signer un accord

29/11/2013 07:50 EST | Actualisé 29/01/2014 05:12 EST

Le président ukrainien a bloqué un compromis de dernière minute visant à relancer les négociations en vue de la signature d'un accord d'association et de libre-échange entre Kiev et l'Union européenne (UE) au sommet de Vilnius, qui s'achève vendredi.

Viktor Ianoukovitch assure que l'Ukraine a toujours l'intention de signer cet accord à l'avenir, mais insiste sur l'obtention d'une aide financière pour faciliter le rapprochement de l'Ukraine avec le bloc des 28. Il a qualifié d'« humiliante » la somme de 600 millions d'euros proposée par l'UE ces derniers jours.

Sous la pression de Moscou, le président ukrainien a fait savoir la semaine dernière qu'il ne signerait pas l'accord d'association et de libre-échange Ukraine-UE, qui devait être le moment fort du troisième sommet du Partenariat oriental, un vaste projet de rapprochement de l'UE avec six ex-républiques soviétiques d'Europe orientale et du sud du Caucase. Mais des responsables de l'UE et de l'Ukraine ont tout de même tenté de parvenir jeudi à un compromis dans la capitale lituanienne, qui aurait permis à Viktor Ianoukovitch de signer l'accord dans un proche avenir.

Selon des diplomates de l'UE, ce compromis a été conclu, mais le président ukrainien n'a pas voulu le valider lors d'un dîner jeudi soir avec ses homologues européens. « Je considère que c'est une défaite pour l'Ukraine », a estimé la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite.

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, ont tous deux fait porter la responsabilité de la rupture des discussions sur Viktor Ianoukovitch, tout en réaffirmant que la porte restait ouverte à l'Ukraine.

« Lâche! »

Justifiant sa décision de ne pas signer, le président ukrainien a déclaré à ses homologues européens, selon des propos diffusés vendredi sur son site Internet : « Malheureusement, l'Ukraine s'est retrouvée seule ces derniers temps à affronter de graves problèmes économiques et financiers. Aujourd'hui, nous avons besoin que nos partenaires européens prennent des mesures décisives pour mettre en œuvre un programme d'aide financière et économique. »

Selon Dalia Grybauskaite, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, « le président ukrainien n'a pas parlé de l'accord, mais des problèmes économiques que l'Ukraine doit résoudre. Il souhaite que ces problèmes soient réglés par l'UE et la Russie conjointement. » Viktor Ianoukovitch a expliqué en détail les difficultés économiques de son pays, invoquant les prix élevés que l'Ukraine doit payer pour le gaz naturel acheté à la Russie. Il a proposé l'ouverture de discussions trilatérales Russie-Ukraine-Union européenne, offre rejetée par les dirigeants européens qui ont déclaré que Viktor Ianoukovitch devait s'engager à signer l'accord d'association et de libre-échange, engagement qu'il a refusé de donner jusqu'à présent.

« Il devait donner ce gage de confiance, mais il n'était pas prêt à le donner », a dit le diplomate européen.

Des dizaines de manifestants ukrainiens ont manifesté aux abords du Palais des Grands Ducs où se tient le sommet à Vilnius, en déployant des pancartes proclamant « Nous sommes des Européens! ». À Kiev, quelque 400 personnes étaient rassemblées sur la place de l'Indépendance. Des « Lâche! Lâche! » à l'adresse du chef de l'État ont été criés par la foule.

Union douanière

Dimanche, des dizaines de milliers de personnes, brandissant des drapeaux européens, avaient défilé dans les rues de Kiev pour protester contre la décision de cesser les négociations avec Bruxelles en vue d'un accord d'association. Ioulia Timochenko, l'opposante la plus farouche du chef de l'État, a entamé lundi une grève de la faim.

L'Ukraine, forte de 46 millions d'habitants, est le plus grand pays visé par le Partenariat oriental de l'UE, mais le veto de Kiev gèle le processus de rapprochement pendant au moins un an, juge-t-on dans les milieux diplomatiques. Le pays, doté de riches ressources minières, qui partage sa frontière avec quatre pays membres de l'UE, et dont le PIB atteint annuellement plus de 299 milliards de dollars, est un partenaire commercial alléchant tant pour Moscou que Bruxelles. Mais le gouvernement est confronté à de gros problèmes de financement dans les 18 mois à venir et doit trouver 17 milliards de dollars pour honorer ses factures de gaz et ses dettes.

Kiev a accepté l'aide à court terme de la Russie, qui fournit la moitié du gaz consommé en Ukraine, sans toutefois s'associer à l'union douanière de la Communauté des États indépendants (CEI), organisée autour de Moscou. Privée de la signature de l'Ukraine, l'Union européenne s'est partiellement consolée en concluant les négociations relatives aux accords d'association avec la Géorgie et la Moldavie, qui pourraient être signés d'ici un an.

Un accord de facilitation de l'octroi des visas a par ailleurs été conclu avec l'Azerbaïdjan. Peu de perspectives de rapprochement sont en revanche envisagées avec la Biélorussie et l'Arménie, qui participent au sommet. Le gouvernement biélorusse a déjà intégré l'union douanière russe, que Tbilissi a aussi décidé de rejoindre.

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