POLITIQUE

Mélanie Joly prépare un livre

28/11/2013 05:59 EST | Actualisé 28/11/2013 05:59 EST
Radio-Canada

La candidate défaite à la mairie de Montréal, Mélanie Joly, se prépare déjà en vue des prochaines élections. Celle qui a terminé deuxième derrière Denis Coderre prépare un livre qui détaillera sa philosophie politique.

Mélanie Joly a causé la surprise lors de la récente campagne à la mairie de Montréal. Partie de rien à l'été, sa formation, Le vrai changement pour Montréal, a fait élire huit candidats. Elle-même n'a toutefois pas été élue, ni sa colistière. Mélanie Joly ne siège donc pas à l'Hôtel de Ville pour le moment.

La jeune femme a toutefois déjà annoncé son intention de se faire élire le plus rapidement possible. Elle n'a toutefois pas annoncé si elle briguera le poste de Richard Bergeron dans le district de Saint-Jacques. Le chef de Projet Montréal a déjà annoncé qu'il quittera la politique dans un ou deux ans, après avoir échoué pour une troisième fois à mener sa formation politique au pouvoir.

Entre-temps, Mélanie Joly planchera sur un livre qui portera sur les grands enjeux internationaux et leurs impacts sur les villes du 21e siècle. «J'essaierai de démontrer comment les villes, notamment Montréal, peuvent trouver des solutions novatrices à ces défis», explique-t-elle. Sorte de plateforme électorale, le livre présentera la «philosophique politique qui m'a amenée à me présenter à la mairie», ajoute Mme Joly.

L'avocate de formation et ex-directrice à la tête du bureau montréalais de l’agence de communication Cohn & Wolfe prévoit également réaliser des mandats de conseil stratégique aux entreprises qui souhaitent améliorer leur gestion.

Nomination partisane

Partie en vacances après le scrutin, Mélanie Joly est revenue à Montréal juste à temps pour apprendre la nomination de Philippe Schnobb, candidat défait de l'Équipe Coderre, à la présidence du conseil d'administration de la STM. Une preuve, dit-elle, que le nouveau maire fait de la «vieille politique». La STM fait face à des grands défis, avec un nouveau directeur général en place depuis un peu plus d'un an, rappelle Mélanie Joly. «La bonne décision aurait été de garder Michel Labrecque, en raison de son expérience. La seule raison de ne pas le garder et de nommer Philippe Schnobb, c'est à des fins partisanes», dit-elle.

Mélanie Joly est également revenue sur un commentaire remarqué de Richard Bergeron dans une entrevue au chroniqueur de La Presse Yves Boisvert. Le chef de Projet Montréal y affirmait avoir «côtoyé le vide», tout au long de la campagne électorale. Interrogée à ce sujet, Mélanie Joly y est allée d'une attaque bien sentie contre ses adversaires. «C'est vrai, j'ai côtoyé le manque de vision de Denis Coderre, le manque de priorités de Marcel Côté et le manque de réalisme de Richard Bergeron», lance-t-elle. Mélanie Joly estime que sa formation a proposé un programme complet, notamment avec sa proposition de Service rapide par bus.

Richard Bergeron a lancé une autre pointe à la jeune candidate lors du congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, la fin de semaine dernière. Selon lui, il aurait été mal vu pour lui et les autres candidats masculins, tous âgés de plus de 50 ans, d'attaquer une jeune femme. «Quand j'écoute monsieur Bergeron, ce qui me vient en tête, c'est le hashtag 'amertume'», lance Mélanie Joly. Elle estime avoir été attaquée à plusieurs reprises au cours des débats, notamment sur son manque allégué d'expérience.

«J'ai été capable de me défendre... et d'attaquer», affirme-t-elle.

Courbe d'apprentissage

En faisant le bilan de sa campagne, Mélanie Joly se dit satisfaite de l'ascension rapide de son parti. «Nous sommes partis de rien, avec un budget quatre ou cinq fois plus petit que celui des autres formations, rappelle-t-elle. Je suis déçue de ne pas avoir gagné, mais c'est une victoire morale.»

Sa deuxième place, elle l'attribue en partie à l'émergence des médias sociaux. «Nous n'aurions pas pu mener une telle campagne il y a quatre ans», croit la jeune femme de 34 ans. C'est grâce aux médias sociaux qu'elle a pu se faire connaître en début de campagne, alors que les médias traditionnels s'intéressaient assez peu à cette jeune candidate venue de nulle part. Son équipe pouvait compter sur une cinquantaine de bénévoles dédiés aux médias sociaux qui ont envoyé quelque 30 000 tweets durant la campagne. «Cette tactique nous a permis de bien performer dans le premier sondage, et ainsi d'être invités au débat de Radio-Canada», analyse-t-elle.

Quant à sa propre performance, Mélanie Joly concède avoir dû rapidement faire ses preuves. Sa performance au premier débat de la campagne, à l'Institut du Nouveau Monde (INM) en plein mois d'août, a été particulièrement critiquée dans les médias. «C'est sûr que j'ai eu une courbe d'apprentissage», admet Mme Joly.

Après le débat de l'INM, la jeune candidate s'est rappelée qu'elle était venue en politique pour «présenter des nouvelles idées et de nouveaux visages». «Alors, j'ai laissé tomber mes objectifs de performance, dit-elle. C'est à partir de ce moment-là que tout a commencé à mieux aller.»

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