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Le gouvernement thaïlandais appelle l'opposition au dialogue

28/11/2013 10:21 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

La chef du gouvernement thaïlandais Yingluck Shinawatra a appelé en vain jeudi l'opposition à mettre un terme à ses manifestations et à accepter un dialogue avec les autorités, alors que le camp antigouvernemental s'est remobilisé ces derniers jours en encerclant ministères et bâtiments publics.

Drapeau national à la main, sifflet en bouche, des centaines de protestataires ont marché dans les rues de Bangkok pour la quatrième journée consécutive avant de se rassembler devant les ministères de la Défense et de l'Éducation et le siège de la police nationale, en plus petit nombre qu'en début de semaine.

« Le gouvernement ne souhaite pas se livrer à des manoeuvres politiciennes parce que nous sommes convaincus que cela provoquera une détérioration de la situation économique », a déclaré Yingluck Shinawatra dans une allocution télévisée après avoir surmonté aisément une motion de censure à la chambre basse du parlement, où son parti, Puea Thai, et ses partenaires de coalition disposent d'une majorité confortable.

Yingluck Shinawatra avait besoin au minimum de 246 voix sur 492 pour se maintenir en place. Elle a reçu le soutien de 297 députés, tandis que 134 votaient la censure.

Durant trois jours de débats au parlement, l'opposition a interrogé Yingluck, soeur de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, sur un projet de gestion des eaux d'un montant de 3,5 milliards de bahts (108 millions de dollars) et sur un projet rizicole contesté. « Je ne dissoudrai pas le parlement », avait-elle averti avant la tenue du vote.

Le leader des manifestants, Suthep Thaugsuban, un ancien vice-premier ministre, a exclu de négocier avec le gouvernement ou avec d'autres partenaires. « Plus de négociations! », a-t-il lancé mercredi soir à la foule qui l'acclamait. Les contestataires pourraient être rejoints vendredi par les partisans de l'opposant Abhisit Vejjajiva. L'ancien premier ministre, laminé dans les urnes par Yingluck en 2011, a appelé au départ de l'actuelle chef du gouvernement.

« Ce premier ministre n'a plus de mandat pour gouverner notre pays », a-t-il dit, annonçant que les membres de son parti manifesteraient vendredi avec les contestataires.

Plus d'électricité au siège de la police

Les manifestations en cours en Thaïlande ont commencé en octobre lorsque le Puea Thai a tenté de faire adopter une loi d'amnistie qui, selon ses détracteurs, visait à absoudre Thaksin Shinawatra, ancien magnat des télécoms, de sa condamnation pour corruption prononcée en 2008. Le projet a été suspendu.

Dimanche, l'opposition a relancé sa campagne contre le gouvernement en mobilisant au moins 100 000 personnes dans la capitale. Selon le porte-parole de la police, Piya Uthayo, la « force principale » des manifestants représente désormais environ 15 000 personnes.

Les rassemblements sont restés pacifiques jusqu'à présent, mais les manifestants ont coupé jeudi l'électricité au siège de la police et dans un hôpital de la police adjacent au quartier général, forçant les policiers à recourir à des générateurs. Un manifestant a blessé un policier à l'aide d'un lance-pierres. Environ 700 protestataires se sont rendus au ministère de la Défense avant de gagner le siège de la police, tandis que 300 autres se sont rassemblés devant le ministère de l'Éducation.

Les opposants, qui accusent Yingluck d'être une marionnette illégitime manipulée par son frère, occupent le siège du ministère des Finances depuis lundi, mais n'ont pas réussi à s'introduire à l'intérieur d'autres ministères. Faute de les envahir, ils se massent à leurs portes.

Thaksin Shinawatra, héros « populiste » des campagnes déshéritées, a été chassé du pouvoir en 2006 par un coup d'État militaire. Il vit en exil depuis 2008.

Reuters

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