POLITIQUE

Affaire Mike Duffy : les experts de Deloitte témoignent

28/11/2013 11:17 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST
CP

Une motion rejetée par des sénateurs conservateurs empêche un témoin clé de la firme Deloitte, qui a produit le rapport sur les dépenses inappropriées du sénateur Mike Duffy, le printemps dernier, de témoigner de la possible ingérence d'un sénateur au cours de l'examen.

Les experts de la firme Deloitte assurent qu'aucune information n'a jamais été transmise au gouvernement Harper au cours de leur processus d'examen, bien qu'un associé de la firme ait tenté de se renseigner. C'est en substance ce qu'ont affirmé jeudi matin les auteurs du rapport qui comparaissaient devant le comité de régie interne de la Chambre haute, à Ottawa.

Les dirigeants de Deloitte ont expliqué que lorsqu'une vérification leur est demandée, « un mur éthique »  est érigé autour des employés qui procèdent à la vérification afin de prévenir toute fuite ou tentative d'ingérence. Aucune information reliée au cas du sénateur Duffy n'aurait été transmise à quiconque qui n'y était pas autorisé.

Possible ingérence

La semaine dernière, des enquêteurs de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont déposé des documents qui indiquent que, selon eux, le sénateur conservateur Irving Gerstein a tenté de faire interrompre le processus de vérification des comptes de Mike Duffy en contactant l'un des associés de la firme Deloitte.

Selon les documents de cour de la GRC, M. Gerstein a communiqué avec l'un des associés de la firme Deloitte, Michael Runia, afin de lui demander s'il pouvait partager avec lui quelque information que ce soit à propos de l'évaluation du dossier de M. Duffy.

M. Runia aurait alors informé M. Gerstein, selon les documents de la GRC, qu'il ne savait rien du dossier, mais qu'il allait s'en informer. M. Gerstein a ensuite relayé l'information à Patrick Rogers, gérant des affaires parlementaires du bureau du premier ministre.

Questionné sur ces démarches, le premier ministre Harper affirmé le 22 novembre dernier que ni lui ni personne à son bureau n'avait autorisé le sénateur Irving Gerstein à contacter la firme Deloitte.

Or, lors de leur comparution, les dirigeants de Deloitte ont reconnu que M.Runia avait tenté de se renseigner au moins une fois, mais qu'il n'avait obtenu aucune information. Les experts de Deloitte assurent qu'aucune ingérence n'a eu lieu et que le dispositif érigé pour garantir l'éthique de leur firme n'a à aucun moment été compromis.

À la demande du sénateur libéral George Furey, M. Runia aurait pu témoigner devant le comité de régie interne au sujet de la tentative d'ingérence, mais le président conservateur du comité, Garald Comeau, a rejeté le motion, préférant que l'affaire devait rester entre les mains de la police.  

De son côté, le sénateur libéral Paul J. Massicotte a déploré qu'on n'ait pas permis aux membres du comité d'interroger Michael Runia sur cette affaire.

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