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50 ans après l'écrasement d'un DC-8 à Ste-Thérèse, des familles se souviennent

28/11/2013 05:20 EST | Actualisé 28/01/2014 05:12 EST

Le 29 novembre 1963, une semaine après l'assassinat de John Kennedy, le Québec était marqué par une tragédie qui a longtemps été le pire accident aérien au Canada.

Un texte d'Anne-Louise Despatie

Un DC-8 de Trans-Canada Airlines (qui deviendra Air Canada en 1965) piquait du nez et s'écrasait à Sainte-Thérèse, quelques minutes après son décollage de l'aéroport Dorval vers 18 h 30. C'était un vendredi soir, et plusieurs hommes d'affaires rentraient à Toronto.

Les 118 passagers et membres d'équipage sont morts sur le coup et les débris de l'appareil se sont éparpillés dans une scène de désolation.

L'ex-président d'Air Canada Pierre Jeanniot était alors chef d'une équipe technique chargée d'examiner les défaillances techniques des avions de la flotte. Il se souvient de la scène de l'écrasement lorsqu'il est arrivé le matin sur le site.

« C'est un souvenir épouvantable parce qu'on était dans un marécage, et [il n'y avait pas] pas un morceau d'appareil qu'on était capable de reconnaître » dit-il.

Claire Roy a perdu ses deux parents dans l'écrasement. Elle avait deux ans quand ses parents Albert et Monica Roy ont pris le vol 831. Elle et sa petite soeur ont été élevées dans la famille élargie.

Ses souvenirs sont ceux que ses tantes ont conservés pour elle; des albums de photos de ses parents et des coupures de journaux. « Ça semble peu, mais c'est beaucoup », dit-elle, très émue. « C'était 118 morts, c'était le plus important crash au Canada qui a changé, bouleversé à tout jamais la vie de bien des familles. »

En 1963, seulement une trentaine de personnes ont pu être formellement identifiées. Les restes humains ont été déposés au cimetière de Sainte-Thérèse. Plus de 200 enfants ont perdu un parent dans cette tragédie.

Cinquante ans plus tard, plusieurs d'entre eux reviendront sur les lieux de l'accident, vendredi, pour une commémoration. Parmi eux, l'Ontarien Robert Page, dont le père est mort dans l'avion qui devait le ramener à Toronto. Le jeune homme de 16 ans et aîné d'une famille de cinq enfants est alors devenu « l'homme de la famille ».

Au cours des dernières années, M. Page a retrouvé les familles d'une quarantaine de disparus du vol 831 et a écrit le livre Voices from a Forgotten Tragedy.

Le vol 831 a gardé son secret

Pendant des mois, les enquêteurs ont tenté de reconstituer l'appareil et de comprendre ce qui s'était passé. Mais il manquait le quart de l'appareil, et l'enquête n'a pas été concluante.

On sait seulement que l'appareil a piqué du nez pour foncer tout droit dans le terrain marécageux, où l'appareil s'est pulvérisé.

Le rapport d'enquête de 1964 recommande « qu'un enregistreur de données de vol soit installé le plus tôt possible, du moins dans tous les avions de transport turbopropulsés affectés à des opérations commerciales au Canada ».

Cette tragédie a d'ailleurs inspiré à Pierre Jeanniot de placer les enregistreurs de vol dans un cylindre qui résiste à l'impact et au feu. Ainsi protégée, la boîte noire aura évité à sa façon bien d'autres accidents. Désormais en connaissant leur cause, on pouvait éviter leur répétition.

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