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Signes religieux : plus de 75 % des médecins ne voient pas de problème

27/11/2013 05:48 EST | Actualisé 27/01/2014 05:12 EST

Plus des trois quarts des médecins omnipraticiens estiment qu'il n'existe pas de problématique liée au port de signes religieux ostentatoires dans leur milieu de travail, révèle un sondage dont les grandes lignes ont été obtenues par La Presse Canadienne.

« En ce moment, les médecins ne sentent pas qu'il y a de problème sur le terrain en général. C'est ce qui revient souvent dans leurs commentaires », a résumé Jean-Pierre Dion, directeur des communications de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).

Il s'agit là de l'une des conclusions de l'enquête menée par la fédération, qui a tâté le pouls de ses membres entre le 12 et le 18 novembre par le biais d'un sondage Internet.

Le coup de sonde tend également à démontrer qu'une très forte majorité d'omnipraticiens - environ 75 %, selon M. Dion - juge que le port de signes religieux ostentatoires n'affecte pas « négativement la qualité de la pratique médicale au Québec ».

Mais pour environ 50 à 60 % des membres, il n'en demeure pas moins que le gouvernement devrait aller de l'avant avec un projet de charte sur la laïcité, a souligné M. Dion en entrevue téléphonique.

« Cela démontre que les médecins sont aussi des citoyens comme les autres, qu'ils ne sont pas désincarnés », a-t-il analysé.

Le projet de loi 60 interdirait le port de signes ostentatoires religieux au sein de la fonction publique.

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a affirmé il y a quelques semaines que les médecins, à titre d'« employés de l'État », seraient soumis aux mêmes règles : pas de kippa, pas de voile ou de turban.

Or, techniquement, les médecins sont des travailleurs autonomes.

La FMOQ a consacré l'une des questions de son sondage à cet aspect.

« C'était une majorité qui était en désaccord [avec l'idée d'assimiler, aux fins d'application de la charte, les omnipraticiens à ce statut]. Disons une bonne majorité, autour des deux tiers », a indiqué Jean-Pierre Dion.

Les résultats détaillés du sondage seront inclus dans un mémoire que déposera la FMOQ d'ici le 20 décembre, en prévision d'un passage en commission parlementaire sur le projet de loi sur la charte.

Le président de la FMOQ, le docteur Louis Godin, n'était pas disponible pour commenter les conclusions de l'enquête, mercredi.

Mais s'il est invité à témoigner à l'Assemblée nationale, il y sera : « Il voulait avoir le pouls de ses membres avant de se prononcer », a exposé Jean-Pierre Dion.

Environ le quart des membres de la fédération, soit quelque 2000 médecins, ont pris le temps de donner leur avis sur le projet de charte.

Le ministre responsable du dossier de la charte, Bernard Drainville, a préféré ne pas commenter les résultats préliminaires du coup de sonde.

L'attaché de presse de M. Drainville, Manuel Dionne, a souligné que le ministre invitait la FMOQ à déposer un mémoire afin de participer aux auditions publiques de la commission parlementaire, lesquelles se mettront en branle le 14 janvier.

La Presse Canadienne

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