NOUVELLES

Lev Tahor: la DPJ demande que 14 enfants soient placés en famille d'accueil

27/11/2013 10:06 EST | Actualisé 27/01/2014 05:12 EST
Radio-Canada

La Direction de la protection de la jeunesse demande que les 14 enfants de deux familles de la secte juive Lev Tahor, qui sont déménagés en Ontario, soient placés en famille d'accueil.

Les pères de ces familles qui étaient sommés de comparaître devant le tribunal de la jeunesse, mercredi matin, ne se sont pas présentés au Palais de justice de Saint-Jérôme.

Nachman Helbrans, un porte-parole de la communauté avait fait savoir plus tôt que seul l'avocat des deux pères de famille serait en cour.

Le juge au dossier a tout de même décidé de procéder pour la sécurité des enfants.

Un ancien membre de la secte témoigne devant le tribunal de la jeunesse. Il a longuement décrit les mœurs de la secte concernant l'obligation d'obéissance des femmes et des enfants.

De nombreux membres de la communauté Lev Tahor, dont les deux familles, ont quitté leurs domiciles de Sainte-Agathe-des-Monts, près de Montréal, en pleine nuit la semaine dernière, pour trouver refuge dans le sud-ouest de l'Ontario. Les deux couples et leurs enfants vivent actuellement dans un hôtel de Windsor, mais ils doivent rejoindre le reste de la communauté à Chatham plus tard, selon M. Helbrans.

La secte de 200 juifs ultraorthodoxes, dont la moitié sont des enfants, a reçu la visite des responsables ontariens de la protection de la jeunesse et de la police locale, mardi. Selon les autorités, tout était « normal pour l'instant ».

La ministre ontarienne des Services à l'enfance, Teresa Piruzza, « prend très au sérieux » les allégations formulées par les services sociaux du Québec, mais refuse de prendre position quant à l'idée de retirer aux parents la garde des enfants. Elle se contente de dire que l'enquête se poursuit.

La secte intégriste nie les allégations de négligence.

Incapables de compter ou de parler français

Lundi, des responsables de la Direction de la protection de la jeunesse du Québec avaient dit avoir communiqué avec leurs collègues de l'Ontario pour partager leurs renseignements dans cette affaire. Selon le directeur de la DPJ pour les Laurentides, Denis Baraby, certaines maisons de la communauté étaient insalubres et des déchets jonchaient le sol. Les enfants, qui étaient scolarisés à la maison, n'étaient pas capables de faire des exercices de mathématiques de base et plusieurs ne parlaient ni anglais ni français. Ils parlaient seulement le yiddish.

Nachman Helbrans a expliqué que la communauté voulait simplement offrir à ses enfants une éducation basée sur ses principes religieux et non en vertu de la Loi sur l'instruction publique.

Il a mentionné que les familles avaient déjà commencé à déménager en Ontario avant la semaine dernière et que cet exode était planifié depuis quelque temps.

En entrevue à la radio de Radio-Canada, mardi, la ministre de l'Éducation du Québec, Marie Malavoy, a qualifié la situation de « très sensible », ajoutant qu'il fallait la prendre au sérieux. Le ministère de l'Éducation dit avoir négocié pendant des mois avec la communauté pour lui offrir de se conformer au système de scolarisation québécois, mais que celle-ci a maintenu son enseignement non conforme et sans permis.

Une secte controversée

Les membres de la secte Lev Tahor, qui signifie « coeur pur », sont arrivés au Canada en 2005, après que leur chef spirituel, le rabbin Shlomo Elbarnes, eut obtenu un statut de réfugié au pays.

Le groupe est antisioniste, s'oppose à Israël et défend la présence des Arabes en Palestine.

Le rabbin Elbarnes, qui se présente aussi sous le nom d'Helbrans, a fait la manchette en 1994 à Brooklyn, aux États-Unis, pour avoir kidnappé l'un de ses élèves. Il a été reconnu coupable par une cour américaine, a purgé sa peine et a été déporté en Israël. Il s'est ensuite rendu au Canada sous un visa temporaire.

INOLTRE SU HUFFPOST

De quelles religions sont les Québécois?