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Michel Arsenault savait bien des choses...

27/11/2013 12:36 EST | Actualisé 27/01/2014 05:12 EST

Les écoutes électroniques de 2009 présentées par l'enquêteur Comeau à la commission Charbonneau démontrent que l'ex-président de la FTQ savait depuis des années qu'il fallait se méfier de Denis Vincent mais ignorait que, selon la police, il  était réputé proche des Hells Angels. Elles démontrent aussi les liens étroits entre M. Arsenault et Tony Accurso.

Un texte de Bernard Leduc

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Les écoutes indiquent que le président de la FTQ, de même que le PDG du Fonds de solidarité Yvon Bolduc et celui de la SOLIM, Guy Gionet, débattent de moyens pour écarter Denis Vincent des dossiers dans lesquels il est impliqué à la SOLIM en raison de l'intérêt des journalistes pour ce dernier. La crainte est grande pour la réputation de la FTQ et du Fonds.

Un échange de mars 2009 entre Michel Arsenault et Gilles Audette, son conseiller politique, démontre que les deux hommes se méfient au moins depuis 2004 de Denis Vincent qu'ils considèrent comme un « grand chum » de M. Lavallée.

Les deux hommes sont inquièt de l'enquête menée par Denis Lessard, de La Presse, sur le fait que M. Vincent aurait touché une commission dans la transaction de 2004 qui avait permis à Grue Guay d'acheter Fortier Transfert. « Tu vois toute l'hostie de ''schème'' à Johnny », disent-ils.

M. Arsenault va par la suite s'entretenir avec Tony Accurso, afin d'en savoir davantage sur M. Vincent. L'entrepreneur a peu de choses à en dire, mais leur conversation révèle surtout leur proximité.

Il va notamment lui parler de l'intérêt des journalistes pour le Fonds et la SOLIM, avant de lui confier: « Il y a une taupe au Fonds de solidarité ». « Keep it for you », ajoute M. Arsenault à M. Accurso. Les deux hommes s'entendent sur l'importance de ne pas parler aux journalistes, M. Accurso confiant alors qu'il filtre tous leurs appels.

Des conversations subséquentes entre MM. Yvon Bolduc, PDG du Fonds, Guy Gionet PDG de la SOLIM (le bras immobilier du Fonds) et Michel Arsenault indiquent qu'ils s'inquiètent de la présence de Denis Vincent dans le dossier de place Telus, arrivé à la SOLIM par Jean Lavallée.

Ce dossier, dans lequel la SOLIM investit 5,5 millions de dollars, intéresse les trois hommes, mais ils entendent tasser du dossier Denis Vincent en raison du risque qu'il pose à la réputation de la FTQ, en raison des reportages attendus, notamment de Denis Lessard.

Ils souhaitent donc que le Fonds se retire de Telus, mais sans que ni Jean Lavallée, ni Denis Vincent, ne devine leur intention.

Une autre conversation entre MM. Bolduc et Arsenault du 25 mars démontre qu'ils sont déterminés à sortir Denis Vincent de tous les dossiers dans lesquels Denis Vincent est impliqué. Ils se félicitent aussi du départ prochain de Jean Lavallée de la SOLIM.

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