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Le pape François dénonce « la nouvelle idolâtrie de l'argent »

27/11/2013 03:47 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

Le pape François plaide pour un renouveau de l'Église catholique et appelle les dirigeants des grandes puissances mondiales à lutter contre la pauvreté et les inégalités engendrées par le capitalisme financier, qu'il qualifie de « nouvelle tyrannie invisible ».

Le Vatican a publié mardi une exhortation apostolique de 84 pages dans laquelle le souverain pontife reprend des thèmes déjà abordés lors de sermons, d'homélies ou de déclarations prononcés depuis son accession au trône de saint Pierre en mars.

Ce « verbum domini » intitulé Evangelii Gaudium (La Joie de l'Évangile) équivaut à une déclaration de politique générale, traçant les grandes orientations que le pape entend suivre pendant son pontificat.

Le chef de l'Église catholique, qui s'est souvent montré critique à l'égard d'un système économique « de l'exclusion », dénonce cette fois « la nouvelle idolâtrie de l'argent » et plaide pour un « retour de l'économie et de la finance à une éthique en faveur de l'être humain ».

Le pape souligne qu'il « a le devoir, au nom du Christ, de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter, les promouvoir ».

« Tant que ne seront pas résolus radicalement les problèmes des pauvres, en renonçant à l'autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, et en attaquant les causes structurelles de la disparité sociale, les problèmes du monde ne seront pas résolus, ni en définitive aucun problème. La disparité sociale est la racine des maux de la société », poursuit le texte.

Refus de la prêtrise des femmes

Face à ces défis, le pape attend de toute l'Église catholique, y compris le Vatican, qu'elle se renouvelle, qu'elle sorte de son immobilisme hiérarchique et qu'elle entende « la nécessité d'une conversion pastorale ».

« Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Église malade de la fermeture et du confort de s'accrocher à ses propres sécurités », affirme le texte.

Cette exhortation apostolique est exprimée dans le style chaleureux et simple du pape François, contrastant avec les écrits plus académiques et plus formels de ses prédécesseurs.

S'il souligne que la mission première de l'Église est de prêcher « la beauté de l'amour de Dieu qui s'est manifestée en Jésus Christ », le souverain pontife réitère son opposition sur deux sujets sensibles : la prêtrise des femmes et la reconnaissance de l'avortement.

Il rappelle que la prêtrise est réservée aux hommes et que cette question « n'est pas ouverte à la discussion », tout en concédant que les femmes doivent avoir une influence accrue dans le gouvernement de l'Église.

Abordant la question de la coopération entre les religions, François évoque l'oeuvre et les idées de Jean Paul II d'une papauté entretenant des liens plus étroits avec les autres Églises chrétiennes.

Il salue enfin la coopération avec les juifs et les musulmans et appelle les pays islamiques à garantir aux minorités chrétiennes la même liberté que celle dont jouissent
les musulmans en Occident.

Reuters

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