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Affaire James Love : le ministre Flaherty sur la sellette

27/11/2013 02:33 EST | Actualisé 26/01/2014 05:12 EST

L'opposition à Ottawa demande des explications au ministre des Finances, Jim Flaherty, au sujet du président de la Monnaie royale canadienne, James Love, qui, selon des informations obtenues par Radio-Canada et CBC, serait impliqué dans une affaire d'évitement fiscal de plusieurs millions de dollars.

Les partis d'opposition sont d'avis que James Love devrait au moins se retirer du conseil de la Monnaie royale canadienne. Ils veulent des explications de sa part, mais aussi du gouvernement conservateur.

« Depuis quand quand Flaherty et Harper sont-ils au courant et comment diantre se fait-il qu'il soit encore là? », se demande le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair.

Avocat de Toronto, James Love est spécialisé en fiscalité internationale. Le 30 octobre 2006, le gouvernement Harper l'a nommé au conseil d'administration de la Monnaie royale du Canada. Le 23 avril 2009, il en est devenu le président pour un mandat de cinq ans. Entre-temps, son ami, le ministre des Finances Jim Flaherty, l'a nommé à un comité chargé de lui faire des recommandations pour accroître la compétitivité du Canada en matière de fiscalité internationale.

M. Love a financé les deux courses de Jim Flaherty à la direction du Parti conservateur de l'Ontario en versant 63 000 $ à sa campagne. La femme du ministre des Finances, qui est députée provinciale, a aussi reçu 40 000 $ de James Love quand elle aussi a voulu devenir chef conservatrice en Ontario. Mais voilà, Christine Elliot siège au conseil d'administration de Legacy Private Trust, la firme de gestion impliquée dans cette affaire. Elle préside même le comité de surveillance de la société.

« Pourquoi le président de la Monnaie royale n'a-t-il pas déjà été congédié? », demande Thomas Mulcair.

Libéraux et néo-démocrates rappellent que le ministre Flaherty s'est fait le champion de la lutte à l'évasion fiscale. Lors du dernier budget, il s'était même vanté de la mise en place de plusieurs mesures pour s'y attaquer, allant jusqu'à prévoir une récompense aux dénonciateurs qui mettraient au jours des cas d'évasion fiscale internationale.

« C'est à se demander à quel point le gouvernement est sérieux quand il dit s'attaquer à ceux qui trompent le fisc », constate Dennis Howlett, de l'organisme Canadiens pour une fiscalité équitable.

Pour Thomas Mulcair, conservateurs et libéraux sont tout aussi responsables des injustices qui perdurent dans le système fiscal canadien. « M. et Mme tout le monde vont être talonnés pour 2000 $ non payés, mais s'il s'agit d'un riche et un ami des puissants ici à Ottawa, il vont avoir tous les stratagèmes à leur disposition pour éviter leurs impôts, déplore-t-il. En plus, ils vont se faire donner des nananes avec des nominations, c'est ça la base du scandale aujourd'hui. »

Avec les informations de Guy Gendron

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