La propriétaire de la garderie privée de Verdun, qui s'est retrouvée au cœur d'une controverse sur le voile intégral, s'est défendue jeudi en entrevue à Radio-Canada. Elle soutient que porter le niqab est son choix, parce que c'est dans sa religion.

« Dieu sait ce qui est mieux pour nous, même si nous on ne comprend pas », affirme celle qui a fait des études en génie civil à l'Université McGill.

Elle dit avoir été choquée lorsqu'une photo de deux éducatrices de la garderie en question a commencé à circuler sur les réseaux sociaux mercredi, suscitant de nombreuses réactions.

En tant que mère, elle affirme être en désaccord avec le fait que la photo permettait d'identifier les enfants et que la personne qui l'a diffusée mentionnait le nom du quartier.

« Quand j'ai vu la photo [...] je parle comme une mère, j'ai été très choquée. »
-- La propriétaire de la garderie

Selon elle, les gens devraient lui poser des questions et discuter avec elle au lieu de prendre des photos. Elle ajoute que l'auteure du cliché aurait plutôt dû discuter avec elle. « Quand elle va parler avec nous, elle va savoir un peu plus de nous et nous d'elle », explique la propriétaire de la garderie privée non subventionnée, qui a requis l'anonymat.

Elle affirme que les éducatrices ont le visage découvert lorsqu'elles sont avec les enfants, mais se couvrent pour sortir. Elle soutient que les parents sont très satisfaits de ses services et qu'ils apprécient cette occasion d'apprendre à leurs enfants la tolérance.

« Une des plus grandes raisons que les parents viennent chez nous, c'est parce qu'ils veulent que leurs enfants voient qu'il y a des gens qui sont différents et ils apprennent la tolérance. »
-- La propriétaire de la garderie

Selon elle, on ne peut parler d'égalité hommes-femmes si le gouvernement veut légiférer pour empêcher certaines personnes de pouvoir porter ce qu'elles veulent et de travailler. « Quand le gouvernement veut me dire comment m'habiller [...] pour moi, ce n'est pas l'égalité. », affirme-t-elle. « Si tu enlèves mon choix, je ne suis pas libre ».

« Il ne faut pas respecter les choix, mais au moins les tolérer. Et vous respecter comme des humains. Je ne me suis jamais sentie exclue, sauf quand la charte est venue. Les personnes sont beaucoup plus agressives maintenant avec moi. »
-- La propriétaire de la garderie

Avec les informations d'Émilie Dubreuil

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  • Le hijab

    Formé à partir de la racine arabe «hajaba» (cacher, dérober aux regards, mettre une distance), ce voile cache les cheveux, les oreilles et le cou, ne laissant voir que l'ovale du visage. Il s'est généralisé dans le monde musulman, remplaçant les tenues traditionnelles comme le "haïk" en Afrique du Nord, grande pièce de laine ou de coton qui dissimule les formes du corps et voile le visage. (AFP)

  • La burqa

    La burqa est le vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan. Bleu ou marron, il couvre complètement la tête et le corps, un grillage dissimulant les yeux. (AFP)

  • Le niqab

    Voile intégral complété par une étoffe ne laissant apparaître qu'une fente pour les yeux, il s'est répandu sous l'influence de l'islam wahhabite, surtout en milieu urbain. Certaines femmes y ajoutent des lunettes de soleil et des gants, voire un masque. (AFP)

  • Le tchador

    En Iran, le tchador est un vêtement traditionnel porté essentiellement aujourd'hui par les pratiquantes. Il s'agit d'une grande pièce de tissu posée sur la tête, laissant apparaître l'ovale du visage. La tête est tenue fermée à l'aide des mains, voire des dents si la femme a besoin d'utiliser ses bras. Le port du tchador n'est pas obligatoire en Iran, à la différence du port d'un voile sur la tête. (AFP)


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