POLITIQUE
21/11/2013 04:54 EST | Actualisé 21/01/2014 05:12 EST

Une plainte pour harcèlement sexuel est déposée contre le sénateur Colin Kenny

PC

À Ottawa, la Chambre haute mène une enquête sur le sénateur Colin Kenny à la suite d'une plainte pour harcèlement sexuel. Radio-Canada a par ailleurs appris qu'au fil des ans, plusieurs femmes employées par le sénateur libéral ont dénoncé son comportement. Ces allégations n'ont pas été prouvées en cour.

L'ex-adjointe administrative du sénateur Colin Kenny, Pascale Brisson, a récemment affirmé qu'elle passait la moitié de sa journée à gérer les affaires personnelles de celui-ci. Durant cette même entrevue accordée à Radio-Canada, la jeune femme a fait d'autres révélations.

« Il m'a demandé de porter des talons plus souvent au bureau, des talons hauts. Il m'a appelée une fois de Washington quand il était en voyage pour me dire qu'il pensait à moi dans mon maillot de bain sur le bord de ma piscine », illustre-t-elle.

Pascale Brisson a déposé une plainte formelle de harcèlement contre Colin Kenny. « Je me sentais absolument vulnérable », soutient-elle. Le Sénat a lancé une enquête.

Ce n'est pas la première fois que le Sénat est mis au fait de plaintes quant aux agissements du sénateur libéral. En 2001, l'Assemblée parlementaire de l'OTAN s'est plainte du comportement harcelant de Colin Kenny à l'endroit de deux employées.

Dans cette lettre, dont Radio-Canada a obtenu copie, l'ancien secrétaire général de l'Assemblée de 1997 à 2007, Simon Lunn, a écrit que « les femmes ont indiqué que l'attention qu'elles recevaient de Colin Kenny était malvenue, bouleversante et rendait leur milieu de travail inconfortable. »

À l'époque, la responsable de la délégation canadienne était la députée libérale Carolyn Parrish.

« Ils avaient de la difficulté avec Colin Kenny. Ce dernier faisait énormément d'appels téléphoniques harcelants auprès de jeunes femmes du personnel. Le patron de l'organisation [M. Lunn] m'a demandé de retirer le sénateur Kenny de la délégation et des voyages [trad. libre] » explique-t-elle.

Autres allégations

Il n'y a pas qu'au Sénat où le comportement de Colin Kenny a été dénoncé. Durant plusieurs années, ce dernier a été propriétaire de deux salons de bronzage à Ottawa.

Une ex-employée, Candace Amis, soutient que le sénateur Kenny a exigé des faveurs sexuelles de sa part en 2003.

« Ensuite, il m'a demandé d'ôter mon pantalon. Et j'avais mes règles », ajoute-t-elle. Cet état ne semble pas avoir ébranlé Colin Kenny, selon elle. « Il a dit : "Ne laisse pas ça t'empêcher de me faire une fellation. [...] Vas-tu me faire une fellation ou tu vas perdre ton travail." C'est tout [trad. libre] », rapporte Mme Amis.

Le parcours de Candace Amis n'a pas été facile. Elle a grandi dans des foyers d'accueil et dansait dans un club lorsqu'elle a décroché son emploi au salon de bronzage.

« Je sais que c'était juste un salon de bronzage, mais ce travail était important pour moi, à ce moment-là. J'avais 18 ans et je venais de déménager dans une maison de chambres, après avoir vécu dans un refuge [trad. libre] », se rappelle-t-elle.

Elle a porté plainte à la police d'Ottawa qui n'a pas cru à son histoire, entre autres, parce qu'elle avait déjà menti à la police par le passé.

Des regrets d'une ancienne employée

De son côté, une ex-employée du sénateur Kenny, qui souhaite garder l'anonymat, regrette aujourd'hui de ne pas avoir corroboré à l'époque les dires de Candace Amis, alors qu'elle était convaincue qu'elle disait vrai.

Elle savait que d'autres employées des salons de bronzage s'étaient déjà plaintes de Colin Kenny.

L'une d'elles, qui a demandé elle aussi qu'on taise son identité, raconte comment le sénateur l'attendait à l'intérieur, un matin où elle procédait à l'ouverture du commerce.

« Il était nu en bas de la ceinture. Je l'ai vu nu, de face. Il ne s'est pas excusé. Il était très, très nonchalant [trad. libre] », rapporte-t-elle.

Le sénateur Colin Kenny a refusé d'accorder une entrevue à Radio-Canada. Il dit être tenu à la confidentialité en raison de l'enquête du Sénat sur la plainte de harcèlement à son égard.

Il qualifie les autres cas de fabrication.

D'après l'enquête de Brigitte Bureau

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