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19/11/2013 01:39 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Claude Castonguay torpille le projet d'assurance autonomie du gouvernement

PC

QUÉBEC - Les Québécois n'ont pas besoin du projet d'assurance autonomie du gouvernement péquiste, estime Claude Castonguay.

En commission parlementaire, mardi, le «père» du régime d'assurance maladie du Québec a décrit le projet du ministre de la Santé, Réjean Hébert, comme un «corps étranger que l'on veut greffer» au système de santé. Non seulement le régime proposé est inutile et hasardeux, il est aussi inéquitable, a-t-il fait valoir.

Pour M. Castonguay, le système actuel est parfaitement en mesure d'assumer ses responsabilités en matière de soins à domicile, à condition que le financement et l'organisation du travail soient adaptés à la situation.

«Tout peut être fait à l'intérieur du système de santé actuel. Il y a bien des choses qui ont été ajoutées au cours des dernières années et cela a été fait à l'intérieur du système. Pourquoi, tout à coup, on sort du système et on crée un nouveau programme?» a lancé M. Castonguay, en point de presse, après son passage devant les parlementaires.

À ses yeux, l'assurance autonomie projetée par le gouvernement Marois n'améliorerait «pas du tout» le sort des personnes âgées vulnérables. En revanche, elle ajouterait encore davantage de bureaucratie dans le réseau.

«Qu'est-ce qui serait mieux, une autre structure, une autre bureaucratie? Si on veut améliorer le sort des personnes en perte d'autonomie, il faut assurer un financement (public) meilleur, plus adapté. (...) Vous n'avez pas besoin d'ajouter toute une structure», a-t-il dit.

L'actuaire a critiqué le choix des mots utilisés pour décrire le projet péquiste. Sans cotisation, l'assurance autonomie présentée dans le livre blanc du ministre Hébert n'a d'assurance que le nom. Les montants promis pour les services restent à la merci des aléas budgétaires.

«Rien n'empêcherait (...) le gouvernement de contrebalancer une hausse du budget alloué à la perte d'autonomie par une baisse correspondante du budget alloué à d'autres fins, telle, à titre d'exemple, la première ligne», a argué M. Castonguay.

Le nouveau régime _ qui prévoit la mise en place d'une allocation pour des soins à domicile _ sera financé par l'impôt des contribuables, a annoncé récemment la première ministre Pauline Marois.

Le Parti québécois s'est engagé à injecter 500 millions $ d'ici 2017 pour déployer programme. Il faudra ajouter par la suite jusqu'à 150 millions $ par année pour faire face à la croissance du vieillissement de la population.

M. Castonguay a déploré l'absence de projection «rigoureuse» sur les besoins et les coûts associés au projet, un avis partagé par l'opposition libérale. Compte tenu des expériences passées, le gouvernement ne peut faire l'économie de la rigueur, a-t-il soutenu.

«Le livre blanc ne définit pas le niveau des prestations et des allocations et ne peut présenter en conséquence aucune évaluation des coûts futurs du régime proposé. Compte tenu de l'expérience acquise au cours des dernières années avec certains régimes, telle l'assurance parentale, il serait téméraire de s'engager sans plus de rigueur dans la voie proposée par le livre blanc», a déclaré l'ex-ministre de la Santé dans le premier gouvernement de Robert Bourassa.

Avec son approche bureaucratique, le livre blanc est guidé par la même philosophie que celle qui a conduit aux deux grands ratages du «dossier santé» et des groupes de médecine familiale, a-t-il relaté.

Reste aussi la question de l'équité.

En créant un régime spécifique qui accorderait des garanties additionnelles à un groupe particulier de personnes, le gouvernement mettrait en péril les «principes d'universalité, de solidarité et d'équité entre tous les citoyens», a dit M. Castonguay.

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