POLITIQUE
19/11/2013 06:09 EST | Actualisé 19/01/2014 05:12 EST

Ce qu'il faut savoir avant d'acheter votre première voiture électrique

AP
An Opel Ampera car is charged by electric power prior to Frankfurt Auto Show IAA in Frankfurt, Germany, Tuesday, Sept. 13, 2011. The fair is open for public from Sept.15, 2011 through Sept. 25, 2011. (AP Photo/Frank Augstein)

Voiture électrique

Vous rêvez de rouler avec une voiture électrique? Si c'est le cas, vous devez savoir plusieurs choses avant de prendre votre décision finale.

Un reportage de Jean-Sébastien Cloutier au Téléjournal Grand Montréal

Premièrement, magasiner un véhicule électrique n'est pas facile. Au Québec, Chevrolet, Ford, Nissan, Mitsubishi et Tesla sont les principaux fabricants qui en offrent. Cela dit, les véhicules en démonstration sont rares, les vendeurs encouragent souvent le consommateur à acheter une voiture à essence et l'attente pour recevoir votre nouvelle voiture électrique peut être de plusieurs mois.

Plus chères à l'achat, moins à l'utilisation

Quant au prix d'achat, il peut être de 10 000 $ à 15 000 $ plus cher pour un modèle électrique que pour un modèle à essence. Québec vient toutefois de prolonger sa subvention de 8000 $ pour l'achat d'une voiture électrique jusqu'au 31 décembre 2016, ce qui réduit l'écart de prix.

Il faut aussi prendre en compte l'argent économisé en essence et en entretien du véhicule. « J'ai 44 000 kilomètres au compteur, ça ne m'a pas coûté une goutte d'essence. On est en haut de 5000 $ là, juste l'essence! » illustre Sylvain Juteau, propriétaire d'une Tesla à Trois-Rivières.

De son côté, Hydro-Québec vient de mener une étude de deux ans et demi sur 30 Mitsubishi I-Miev. Aucun bris mécanique n'a été constaté après 740 000 kilomètres. Le maire de Boucherville, Jean Martel, s'est transformé en pilote d'essai pour cette étude et il semble convaincu. « Je retiens au niveau technique l'absence de vibration, le silence, une accélération vraiment impressionnante pour une sous-compacte, un freinage vraiment efficace compte tenu que l'énergie du freinage est récupérée pour la batterie, l'absence d'odeur et je vous dirais le sentiment d'être à l'abri des pétrolières », explique-t-il.

Domicile-travail ou longs trajets

L'utilisation que vous comptez faire de votre voiture doit aussi être considérée.

Par contre, si vous êtes un habitué des longues distances, c'est plus compliqué. Prenons la Ford Focus électrique : sa batterie a une autonomie approximative de 125 kilomètres en conditions optimales. C'est donc dire que si vous roulez de Montréal à Québec, il faudra vous arrêter à une borne de recharge à mi-chemin.

Le réseau de recharge encore peu développé

Le problème, c'est que recharger complètement la batterie d'une voiture 100 % électrique sur une des bornes 240V du circuit électrique d'Hydro-Québec prendra de six à huit heures. L'autre problème, c'est qu'à ce jour, ce circuit ne compte que 228 bornes dans la province.

Dans sa politique d'électrification des transports, Québec vient toutefois d'annoncer qu'il y en aura 5000 de plus en 2017.

Il faut aussi savoir qu'il est possible d'acheter une prise 240V pour son domicile. Par contre, il faudra compter deux fois plus de temps de recharge si vous branchez votre voiture dans une prise de courant normale.

Pour être moins dépendants des bornes, on peut opter pour une Tesla. L'entreprise américaine a d'ailleurs un point de vente à Laval. Plus luxueuse, avec une batterie qui possède une autonomie de plus de 400 kilomètres, elle coûte toutefois 90 000 $. Le fabricant travaille sur un modèle beaucoup moins cher qui aura une autonomie beaucoup plus longue pour 2016. La technologie avance vite.

Reste la question de la performance. À ce chapitre, le chroniqueur automobile Philippe Laguë estime qu'il faut « briser le tabou qu'une voiture électrique, c'est une voiture lente. C'est absolument faux ».

Encore un marché de niche

Au 30 septembre dernier, 2173 véhicules électriques roulaient sur les routes du Québec, une statistique qui inclut les hybrides branchables comme la Chevrolet Volt. C'est encore bien peu, mais les chiffres augmentent assez vite.

Le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales d'Hydro-Québec, Pierre-Luc Desgagnés, lance un appel aux Québécois : « Moi, je vous dirais qu'on n'est pas très loin du point tournant, mais la personne qui aura le dernier mot, c'est le consommateur. Il faut que le consommateur y croit et s'il y a un endroit en Amérique du Nord où cette mini-révolution là peut se faire, c'est au Québec! »

Alors, êtes-vous prêts ou non?

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