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18/11/2013 09:05 EST | Actualisé 18/01/2014 05:12 EST

Pas de voie réservée pour les autobus sur le pont Champlain

PC

MONTRÉAL - Le ministre Sylvain Gaudreault a tranché: il n'y aura pas de voie réservée pour les autobus le matin sur le pont Champlain. Cette décision a provoqué la colère et la surprise de plusieurs acteurs du milieu des transports.

La décision du ministre constitue un revirement de situation. Vendredi, la voie réservée était l'une des douze mesures proposées pour pallier à la fermeture, jusqu'à la mi-décembre, d'une voie sur le pont.

Dans un communiqué publié lundi soir, le ministre des Transports et ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire affirme que les mesures proposées la semaine dernière étaient le résultat d'un «large consensus» pour diminuer les problèmes liés à la fermeture de la voie.

Le ministre soutient cependant qu'il était prévu que ces mesures fassent l'objet d'un «bilan journalier», afin de s'assurer de leur efficacité et de leur impact sur la fluidité des déplacements dans la grande région de Montréal.

Sylvain Gaudreault soutient que ce nouveau changement de cap est le résultat d'une «analyse de l'état de la circulation en période de pointe lundi matin».

La première décision de retirer la voie réservée avait déjà provoqué, la semaine dernière, une levée de boucliers sur les réseaux sociaux. Plusieurs utilisateurs des transports en commun estimaient devoir payer le prix fort comparativement aux automobilistes.

Ce nouveau retrait de la voie réservée est maintenant très mal reçu, notamment par Christian Savard, porte-parole de Transit, une coalition qui représente une cinquantaine d'acteurs du milieu du transport et de l'environnement.

«Trop souvent au Québec, le ministère des Transports considère les utilisateurs du transport en commun comme des citoyens de seconde zone et il vient de le prouver encore une fois», a-t-il dénoncé à l'occasion d'une entrevue à La Presse Canadienne.

Selon lui, les problèmes du pont Champlain constituaient une bonne occasion pour attirer de nouveaux adeptes au sein du réseau des transports en commun. «C'était l'occasion pour certaines personnes de l'essayer, mais là, on envoie le message que lorsqu'il y a un problème, ce sont les usagers du transport en commun qu'on va tasser», a-t-il indiqué.

Visiblement abasourdi, le directeur général de Transport2000, Normand Parisien a, pour sa part, vivement dénoncé ce revirement de situation. «Le ministre des transports semblait un allié ferme, alors je suis très surpris. Je pensais que nous étions sur la même longueur d'onde. Je ne vois pas pourquoi il y a ce repli. L'efficacité de la voie réservée est pourtant reconnue», a-t-il commenté.

Même si la voie réservée est de nouveau retirée, le porte-parole de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain assure qu'il demeure plus avantageux d'utiliser les transports en commun plutôt que l'automobile pour accéder à Montréal.

«Le véritable gain de la voie réservée concerne le segment sur l'autoroute 10, avant le début du pont, qui permet aux autobus d'arriver en priorité sur le pont. La voie réservée en amont est toujours en place, c'est seulement sur le pont qu'il y a un jumelage», a insisté Jean-Vincent Lacroix, lundi soir.

Dans son communiqué, le ministre des transports a rappelé que davantage de voitures sur les trains de banlieue Mont-Saint-Hilaire et Candiac, ainsi que sur la ligne jaune du métro.

La semaine dernière, la découverte d’une fissure importante sur l’une des poutres du pont a forcé la fermeture préventive d’une voie afin de procéder à une analyse approfondie. Il a été décidé que des travaux d'urgence étaient nécessaires et qu'ils se poursuivraient jusqu'en décembre.

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