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Le procès de Léon Mugesera, ancien résident du Québec, attises des tensions au Rwanda

17/11/2013 02:50 EST | Actualisé 17/01/2014 05:12 EST
AP

KIGALI, Rwanda - Le procès de l'ancien résident du Québec Léon Mugesera, déporté au Rwanda pour faire face à des accusations liées au génocide de 1994, a commencé et captive le pays africain toujours aux prises avec des tensions ethniques.

M. Mugesera, un ancien chargé de cours à l'Université Laval, est accusé d'avoir incité au génocide dans un discours enflammé prononcé en 1992, dans lequel il référait aux Tutsis comme des coquerelles, suggérant qu'elles devraient être exterminées.

Ce discours, perçu comme un des éléments déclencheurs du massacre de 800 000 Tutsis et Hutus modérés, a été joué en boucle sur les radios rwandaises et est rapporté dans beaucoup de livres traitant du génocide.

Dans une entrevue, l'avocat de M. Mugesera, Jean-Félix Rudakemwa, a affirmé que la cour doit prouver que ce discours a bel et bien eu lieu, affirmant qu'aucun enregistrement complet et original n'existe.

Il soutient en outre qu'il n'y a aucun moyen de prouver qu'un tel discours a bel et bien influencé les événements de 1994, après que Léon Mugesera eut fui le pays avec sa famille et obtenu le statut de réfugié au Canada, où il s'est ensuite battu durant 16 ans contre l'extradition. Il a finalement été expulsé en janvier 2012.

En cour, c'est lui qui a fait la plupart des interrogatoires de la défense. Il a notamment offensé des membres des familles des victimes en demandant à chaque témoin s'il était Hutu ou Tutsi, alors que ces désignations ethniques sont devenues un tabou.

Innocent Kabanda, un représentant de 6000 survivants de la région ouest du Rwanda, où a eu lieu le discours, a affirmé que M. Mugesera semblait figé dans la mentalité d'avant 1994 et a demandé à la cour de lui dire de cesser de poser ces questions.

L'accusé a fait appel à toutes sortes de tactiques pour ralentir ou retarder les procédures, ce qui lui vaut les moqueries des médias locaux.