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13/11/2013 09:22 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

«De peigne et de misère»: Fred Pellerin rapplique avec un livre-disque

Laurence Labat

Encore 300 représentations de sa tournée De peigne et de misère figurent toujours à son agenda des deux prochaines années, au Québec et en Europe, mais Fred Pellerin rapplique déjà en nous présentant le livre-disque de ce spectacle lancé en octobre 2012. Dans cette cinquième transposition scénique des légendes de Saint-Élie-de-Caxton, le conteur s’attarde au personnage de Méo, le «coiffeur dé-coiffeur» du village qui, en jouant dans la tête des gens, a accès à tous leurs petits secrets.

«Dans chaque spectacle, j’ai une thématique, une volonté de dire quelque chose, explique Fred. L’arracheuse de temps, mon spectacle précédent, portait sur la sorcière du village, mais en fait, c’était une réflexion sur la mort et le deuil. De peigne et de misère, je l’ai écrit pendant le printemps érable, dans lequel j’ai été un peu impliqué. Il ramène donc à un projet social, au rapport avec l’espoir et le désespoir, aux chiffres, à l’argent. Et il se termine sur un éclatement de lumière. Après avoir parlé du deuil pendant trois ans, j’avais besoin d’aller vers quelque chose de plus vaste, plus ouvert, moins dans le plexus solaire.»

Le livre-CD De peigne et de misère est déjà disponible en magasin. Tous les spectacles de Fred ont d’ailleurs connu une deuxième vie sur un tel support. On peut ainsi entendre en voiture ou dans le confort de son salon les récits colorés de l’artiste, qui demeurent pour lui la manière la plus judicieuse d’apporter sa contribution sociale.

«Le conte est encore l’outil avec lequel je suis le plus à l’aise, précise celui qui a aussi gratté la guitare sur deux albums et s’est aventuré au septième art en scénarisant Babine et Ésimésac, films tirés de ses propres histoires. C’est là que je peux dire mes affaires, les nuancer, les transformer. Quand je jouais L’arracheuse de temps, on me proposait parfois d’aller parler du deuil en conférence. Mais de donner une conférence sur ce que je raconte, c’est déjà pâlir mes couleurs. Depuis quelques années, je nourris des doutes, des questions, des réflexions, sur la patente sociale, cette chose qu’on dit sociale et collective, et j’ai pu les injecter dans mes contes. D’inclure ces concepts dans mes histoires, ça les rend plus concrets, et c’est là que je m’exprime le mieux, je pense.»

Bâtisseur de cabanes

Au dernier Gala de l’ADISQ, De peigne et de misère a remporté deux Félix, ceux de «Scripteur de l’année» et de «Spectacle interprète de l’année». Lorsqu’il est allé cueillir cette dernière statuette, à la soirée du dimanche, animée par Louis-José Houde, Fred Pellerin a tenu ces forts jolis propos : «On peut faire des choses hors normes, dans la vie. L’exception existe et, dans l’exception, il y a de l’espoir. On peut faire des cabanes d’oiseaux qui, un jour, trouveront place dans l’œil d’un grand architecte.» Que voulait-il exprimer, exactement, par cette métaphore?

«Ce que je fais, c’est toujours du conte, construit sur une tradition orale, illustre-t-il. Ça fait quand même 15 ans que je fais de la tournée avec mes spectacles. Cette affaire-là s’est construite, tranquillement. Mais mon approche demeure celle de l’artisanat. Je joue dans des salles de 1500 personnes, mais je suis encore assis sur ma chaise carrée, avec ma guitare et mon accordéon. C’est encore le processus d’un bâtisseur de cabanes de moineaux. Mais j’ai la chance de pouvoir aller m’accoter dans différents projets, de rejoindre un vaste public, d’amener ça au cinéma, à l’Orchestre symphonique… De là l’image de la rencontre entre l’architecte et le gars de la cabane à moineaux!»

En plus de poursuivre le périple entamé avec De peigne et de misère, Fred Pellerin planche actuellement sur un troisième album musical, qu’il prévoit sortir en octobre ou novembre 2014. Huit chansons sont déjà complétées, et l’auteur-compositeur collabore toujours avec son complice Jeannot Bournival, qui assure la réalisation de l’opus. Il développe aussi pour le grand écran un scénario adapté d’un roman de Félix Leclerc, en tandem avec le réalisateur Francis Leclerc, fils du défunt chansonnier.

Enfin, après le succès obtenu par le spectacle La tuque en mousse de nombril, il y a deux ans, Fred s’associe à nouveau à maestro Kent Nagano et à l’Orchestre symphonique de Montréal pour un deuxième événement du temps des fêtes. Leur conte s’intitulera cette fois Le bossu symphonique et sera centré sur Babine, personnage-phare de l’univers de Pellerin. On pourra l’applaudir du 16 au 19 décembre, à la Maison symphonique de Montréal.

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