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13/11/2013 06:37 EST | Actualisé 13/01/2014 05:12 EST

L'eau des écoles est-elle toxique?

Gary S Chapman via Getty Images

L'émission L'épicerie a découvert un taux de plomb supérieur à la norme canadienne dans plusieurs fontaines d'écoles primaires.

Le plomb est un élément neurotoxique, particulièrement pour les enfants, qui sont plus vulnérables à ses effets nocifs. Pourtant, ils y sont fortement exposés lorsqu'ils boivent l'eau dans les fontaines des écoles.

L'épicerie a testé 15 points d'eau dans des écoles primaires du Québec. Au premier jet du matin, 30 % des fontaines dépassaient la norme permise de 10 microgrammes de plomb par litre d'eau.

Ces résultats sont semblables à ceux obtenus dans le cadre d'une étude de la Chaire industrielle CRSNG en eau potable de l'École polytechnique de Montréal.

« Au niveau de la santé publique, les écoles en tant que telles, ce n'est pas notre première priorité, parce qu'au niveau des écoles, on ne s'attend pas à retrouver de conduites en plomb. » — Denis Gauvin, conseiller scientifique à l'Institut national de la santé publique du Québec

Toutes les fontaines ne présentent pas le même risque. Celui-ci dépend de la plomberie de l'édifice et du moment auquel on se désaltère. La concentration est plus élevée quand l'eau a stagné, alors qu'elle disparaît quand on la fait couler cinq minutes.

La titulaire principale de la Chaire industrielle CRSNG en eau potable de l'École polytechnique de Montréal, Michèle Prévost, s'inquiète des effets de l'exposition au plomb sur le développement neurocomportemental des jeunes enfants.

Ces effets « sont importants même à des doses d'exposition très faibles », soutient-elle. Ils sont « principalement neurologiques et mènent à des difficultés d'apprentissage et des baisses de quotient intellectuel ».

Denis Gauvin, conseiller scientifique à l'Institut national de la santé publique du Québec, ne s'inquiète pas outre mesure de ces résultats. « Ça nous préoccupe, mais ce n'est pas alarmant », affirme-t-il.

Dans les autres provinces

D'autres provinces canadiennes ont pris les grands moyens face à ce problème. Le Nouveau-Brunswick a changé toutes les fontaines problématiques, tandis que l'Ontario demande de vidanger tous les robinets au moins une fois par semaine. Mais au Québec, on ne pense pas qu'il s'agit d'une priorité.

La chercheure Michèle Prévost estime pourtant que le problème serait facile à régler. « Si on compare, par exemple, à un problème comme les moisissures dans les bâtiments, où c'est très complexe et il faut refaire les bâtiments, c'est beaucoup plus simple de vérifier les 5 ou 10 ou 15 points d'eau et de les changer si ce sont de mauvaises fontaines, puis le tour est joué. »

La version intégrale de ce reportage sera diffusée à l'émission L'épicerie mercredi soir à 19 h 30.

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