POLITIQUE
12/11/2013 02:06 EST | Actualisé 12/01/2014 05:12 EST

Les propos sur l'islam qui ont fait bondir François Legault

PC

QUÉBEC - François Legault a condamné sans réserve mardi les propos du fondateur de la défunte Action démocratique du Québec (ADQ), Jean Allaire, contre la religion musulmane.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a reproché à M. Allaire, un allié de la première heure de la CAQ, de mener un procès à l'islam et à ses fidèles.

«Je suis totalement en désaccord avec Jean Allaire, je lui ai parlé ce matin pour le lui dire. (...) Il faut faire la distinction entre s'attaquer à l'extrémisme religieux et s'attaquer à tous les partisans (sic) d'une religion», a lancé M. Legault, en point de presse.

Dans une entrevue, la veille, l'auteur du rapport Allaire a livré une charge à fond de train contre l'islam et le Coran. L'islam «sort tout droit du Moyen Âge» et son livre saint est un texte de conquête et de violence, a-t-il soutenu. Il a aussi évoqué la présence de cellules d'al-Qaïda à Montréal et dénoncé «l'instrumentalisation» des femmes par les «barbus». À l'opposé, l'ex-chef de l'ADQ se montre tolérant envers la religion juive car ses adeptes, a-t-il soulevé, «n'essayent pas de nous contrôler».

À mots couverts, M. Allaire a invité la CAQ à durcir sa position en matière de laïcité.

De fait, compte tenu des sentiments qu'il éprouve à l'égard de l'islam, M. Allaire a avoué se sentir «proche» de la position du gouvernement péquiste qui souhaite bannir le voile et autres ornements religieux visibles dans les services publics, y compris dans les garderies subventionnées. Plus encore, le projet de loi 60 du ministre Bernard Drainville propose d'interdire le port de signes religieux chez les employés de certaines firmes privées qui transigent avec l'État.

De son côté, la CAQ suggère plutôt de limiter l'interdiction aux enseignants et aux directeurs d'école de même qu'aux fonctionnaires investis d'un pouvoir de coercition, c'est-à-dire les policiers, juges, procureurs et gardiens de prison.

Il s'agit d'une position équilibrée et modérée, a martelé M. Legault, rabrouant M. Allaire au passage.

«On ne peut pas faire le procès de l'islam et mettre tous les musulmans dans le même paquet. Actuellement, on a besoin de trouver un équilibre et d'avoir une position modérée comme la coalition le fait depuis le début. M. Allaire a droit à ses opinions comme militant mais je ne suis pas d'accord avec ses opinions», a-t-il dit.

Les militants caquistes qui se réuniront en fin de semaine prochaine à Québec en conseil général n'ont pas été consultés sur les orientations de la CAQ en regard des accommodements religieux. Le sujet est sensible, surtout chez les anciens adéquistes qui se rappellent que l'ADQ avait bondi dans les sondages en 2006 après avoir enfourché le cheval de bataille de l'identité.

Néanmoins, «les 18 députés» de la coalition appuient la position du parti, a fait valoir M. Legault.

Du reste, si des militants désirent aborder le sujet au cours du conseil général, «on va pouvoir en discuter», a-t-il assuré.

La position de la CAQ n'est pas immuable et le parti est ouvert à des compromis pour adopter la charte et tourner la page au plus vite. Malgré cette ouverture, le gouvernement péquiste minoritaire n'a tenté aucune approche jusqu'à présent, a regretté M. Legault.

«Comment se fait-il qu'ils ne nous consultent pas? Nous, on est ouvert à faire des compromis mais il faut aussi que le Parti québécois fasse des compromis et il n'en a fait aucun jusqu'ici. De toute évidence, ils n'en veulent pas d'entente, c'est de l'électoralisme», a-t-il dit.

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