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11/11/2013 11:48 EST | Actualisé 11/01/2014 05:12 EST

L'OSM prolonge le contrat du maestro Kent Nagano jusqu'en 2020

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MUNICH, GERMANY - MAY 18: Conductor Kent Nagano as seen on stage during the Ball der Kuenste at Haus der Kunst on May 18, 2007 in Munich, Germany. (Photo by Johannes Simon/Getty Images)

MONTRÉAL - Kent Nagano a accepté avec beaucoup d'émotion et d'humilité de prolonger son séjour à la tête de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM).

Le populaire chef d'orchestre, dont le contrat venait à échéance en 2016, a accepté d'emblée de diriger l'orchestre au moins jusqu'en 2020.

«Qu'on me demande de rester encore pour un troisième mandat, c'est profondément émouvant», a-t-il laissé tomber lundi, lors de l'annonce de la prolongation de son contrat.

C'est que le maestro semble se plaire à Montréal. Il y est d'ailleurs allé d'une véritable déclaration d'amour à l'endroit de la métropole, louangeant au passage la singularité culturelle québécoise.

«Au Québec, ce que j'admire de plus en plus, (c'est que) si le monde va à droite, c'est bien possible que le Québec va aller vers la gauche. Si le monde dit non, c'est bien possible que le Québec va dire oui», a-t-il affirmé.

«Nous avons ici une culture et une identité tellement importantes qu'on a la possibilité de faire ici avec notre culture des choses qui ne sont tout simplement pas possibles ailleurs», a-t-il poursuivi.

Les dirigeants de l'OSM considèrent que la présence de Kent Nagano a contribué à rapprocher l'orchestre du public et à le faire connaître sur la scène internationale.

En poste depuis 2006, après deux ans comme conseiller musical, il a insufflé une énergie nouvelle à l'institution, notamment en faisant sortir les musiciens des grandes salles et en collaborant avec des artistes provenant de l'extérieur du circuit classique, tels que Fred Pellerin et Marie-Mai.

Le conseil d'administration, présidé par l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, n'a pas voulu qu'il lui file entre les doigts.

«On voyait venir 2016 et on se demandait si on allait se laisser acculer au mur», a relaté M. Bouchard.

«On se disait que ce serait tout à fait formidable qu'il reste avec nous, a-t-il ajouté. Nous avons contacté son agent, et il s'est avéré que M. Nagano était tout à fait intéressé à discuter immédiatement d'un renouvellement, et ça s'est fait très, très, très simplement.»

Tout cela est de bon augure pour l'horizon 2017, année où Montréal célébrera son 375e anniversaire.

L'OSM a bien l'intention de contribuer au volet musical des festivités, mais n'a pas l'intention d'en dire davantage sur les projets en cours d'élaboration.

«Pour le moment, il y a plusieurs idées qui sont à l'étude, mais on ne veut pas immédiatement donner trop de détails», s'est contenté d'affirmer Lucien Bouchard.

Kent Nagano a déjà laissé une marque indélébile à Montréal, contribuant à la création de la Maison symphonique, inaugurée en 2011, et au projet de construction du Grand Orgue Pierre-Béique, dont le concert gala inaugural se tiendra en mai 2014.

Ces efforts se mesurent dans l'assistance: l'OSM a connu une augmentation de son public en salle et un «renouvellement significatif de son auditoire», ayant accueilli 1300 abonnés de moins de 34 ans en 2013, affirme l'organisation.

«Je pense qu'on va s'entendre pour reconnaître que M. Nagano est absolument apprécié à Montréal; il est très, très aimé. Il est très convivial, tout à fait disponible et il accepte de rencontrer tous les milieux de Montréal», a fait valoir Lucien Bouchard.

«L'orchestre, sous sa direction, est reconnu comme un des icônes artistiques du Canada, a-t-il ajouté. Montréal est un foyer de rencontres de toutes les bonnes volontés, et M. Nagano a beaucoup symbolisé tout cela.»

L'apport du maestro sur le plan culturel a été souligné à maintes reprises par diverses institutions, la dernière en lice étant l'Assemblée nationale.

La semaine dernière, à Québec, M. Nagano a reçu l'insigne de grand officier de l'Ordre national du Québec des mains de la première ministre Pauline Marois.

Né en Californie, Kent Nagano est passé — entre autres — par l'Opéra de Boston, l'Opéra National de Lyon (France), le London Symphony Orchestra, le Deutsches Symphonie-Orchester (Berlin, Allemagne) et le Berkeley Symphony Orchestra (Californie) avant de déposer ses pénates à Montréal en 2004.

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