NOUVELLES
08/11/2013 01:10 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Des jeunes des mouvements syndicaux et étudiants réclament l'équité salariale

Getty

MONTRÉAL - L'équité salariale à l'emploi, fer de lance du mouvement des femmes pendant des années, change de mains. Cette fois, ce sont les jeunes, issus des mouvements syndicaux et étudiants, qui réclament un traitement équitable intergénérationnel en reprenant le slogan «à travail égal, salaire égal».

Les comités jeunessse de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et de la Centrale des syndicats nationaux (CSN), les fédérations étudiantes universitaires et collégiales ainsi que l'organisation Force jeunesse ont déposé un mémoire conjoint pour abolir certaines clauses dérogatoires toujours en vigueur sur le marché du travail.

Ces jeunes souhaitent une rencontre avec la ministre du Travail, Agnès Maltais, et considèrent que l'Assemblée nationale a le pouvoir de corriger une situation d'iniquité qui perdure sur le marché de l'emploi.

Parmi les éléments déplorés, ces jeunes soulignent l'interdiction des clauses orphelins, pourtant inscrite depuis 1999 dans la Loi sur les normes du travail, mais qui est encore bafouée à certaines tables de négociations.

Alexandre Roy, du comité national des jeunes de la CSN, dit constater que les patrons entretiennent les divisions entre les travailleurs plus âgés et les plus jeunes quand viennent les négociations. Parmi les autres manoeuvres, il cite la diminution du salaire de départ, l’ajout d’échelons salariaux pour les personnes nouvellement embauchées ou encore des plans d'assurances collectives moins généreux pour les nouveaux employés que pour les anciens.

Dans leur mémoire, ces jeunes dénoncent le flou juridique entourant les clauses de disparité de traitement dans les régimes complémentaires de retraite. La transformation progressive des régimes à prestations déterminées vers des régimes à cotisations déterminées touche près de 80 000 personnes, soit près de 18 pour cent des salariés couverts par des conventions collectives entre 2007 et 2012, selon des données du ministère du Travail.

«On ne se sent pas du tout dans un rapport de force. On nous force à nous diviser entre nous. L'employeur nous met au pied du mur», affirme M. Roy.

Il fait valoir que ces notions ne touchent pas que les syndiqués, mais tous les travailleurs, puisque ces différences de «classes» sont présentes dans tous les secteurs.

«On s'en prend à toutes ces clauses de disparités de traitement et de moins bonnes conditions de travail pour des travailleurs fondées uniquement sur la date d'embauche», précise Alexandre Roy.

Les signataires du mémoire attendent de pied ferme la publication du livre blanc du gouvernement sur sa future politique jeunesse. Ils espèrent y voir un engagement ferme et sérieux à l'égard de l'équité intergénérationnelle en emploi.

Ce livre blanc est attendu dans les prochaines semaines.