POLITIQUE
08/11/2013 05:18 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Charte: les garderies privées continueront d'embaucher des femmes voilées

Radio-Canada

L'Association des garderies privées du Québec a réitéré son opposition à la charte des valeurs du gouvernement de Pauline Marois, vendredi, et compte la défier.

Le président de l'Association, Sylvain Lévesque, estime que l'interdiction du port du voile est discriminatoire en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne et de la Loi sur les normes du travail.

« Il n'y a aucune étude qui démontre que le fait de porter le foulard sur sa tête auprès de l'enfant affecte négativement le développement de l'enfant. Il n'y a aucune relation de cause à effet. Je trouve que le ministre [Bernard Drainville] parle à travers son chapeau, affirme Sylvain Lévesque. Ce sont des femmes qualifiées, patientes qui ont la vocation et qui font un excellent travail auprès des enfants », ajoute-t-il.

Sylvain Lévesque dit recevoir beaucoup d'appels des garderies qui veulent savoir quoi faire. Il leur conseille d'embaucher des femmes, voilées ou non. « On ne peut pas refuser d'embaucher une éducatrice compétente et qualifiée sous prétexte que, le gouvernement du Parti québécois, ça ne répond pas à ses valeurs. Il faut embaucher sur les compétences et non pas sur l'allure de l'éducatrice », dit-il en faisant valoir qu'il y a pénurie d'éducatrices dans le réseau.

Jeudi, Mona Lisa Borrega, de l'Association des garderies privées du Québec, a dit craindre que l'adoption de la charte n'aggrave la pénurie de main-d'œuvre dans le milieu. Environ 30 % des éducatrices des garderies privées porteraient le voile. « Il n'y aura pas assez d'éducatrices pour remplacer celles qui devront quitter », a-t-elle dit.