DIVERTISSEMENT
07/11/2013 09:56 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

«La traversée de la mer intérieure», au Théâtre Jean Duceppe : choc des générations politique

François Brunelle

Le Théâtre Jean Duceppe n'aurait pu choisir meilleur moment pour programmer La traversée de la mer intérieure, une joute politique plantée dans le décor du Saguenay-Lac-Saint-Jean, de l'auteur québécois Jean-Rock Gaudreault.

La première médiatique de la pièce avait lieu le jeudi 31 octobre, trois jours avant les élections municipales, et alors que flottaient encore dans l'air, il n'y a pas si longtemps, des rumeurs de scrutin provincial. Malheureusement, la création ne s'avère pas être le brûlot espéré et n'enjoint pas tellement à la réflexion.

Rosaire Bouchard (Michel Dumont), 70 ans, est un ancien député provincial du comté de Roberval et ex-maire de la municipalité de Péribonka. À son retour d'un long voyage entrepris suite au décès de sa femme, le goût de la politique s'empare de lui à nouveau et il décide de briguer les suffrages aux élections qui approchent à grands pas. Avec sa vieille complice, Solange Lemieux (Pauline Martin), il lance sa campagne, mais les ténors de son parti n'ont pas confiance en lui et lui accolent un jeune stratège, Éric Martel-Desforges (Pierre-François Legendre), dont les intentions semblent nébuleuses. Dans l'entourage de Rosaire gravite aussi Paul-Émile Robillard (Marc Legault), un intellectuel usé par le temps. Les trois hommes confronteront leurs idéaux, propres à leur époque respective, un choc des âges prévisible.

On peut avoir du mal à s'immerger pleinement dans l'intrigue de La traversée de la mer intérieure en raison des constantes ruptures de ton du récit. On vogue sans cesse de la profondeur à l'humour badin, ce qui rend le véritable propos de l'histoire difficile à saisir. L'auteur souhaitait-il dépeindre les tares léguées par les baby-boomers et faire le procès de trois générations? Dénoncer les failles de notre système politique? Illustrer le destin de ces êtres de pouvoir, corrompus ou non, qui verront la politique les abandonner, mais qui s'accrocheront malgré tout?

Le «drame» qui découle de la «trahison» d'Éric, vers la fin, sonne aussi faux, et on se surprend à avoir hâte de quitter la salle après 1h50, sans entracte, de discours versant parfois dans le prêchi-prêcha ou qui s'égarent totalement.

Par contre, rien à redire sur le jeu des acteurs. Michel Dumont et son charisme habituel transcendent l'ensemble, sans toutefois éclipser les solides Pauline Martin, Pierre-François Legendre et Marc Legault. L'aspect visuel du spectacle est aussi intéressant, gracieuseté de la metteure en scène Monique Duceppe. Or, en fin de piste, le principal attrait et la grande curiosité de La traversée de la mer intérieure résident dans le contexte où l'œuvre a été créée. Si ce n'était de tous les scandales et magouilles qui pullulent actuellement dans les bulletins de nouvelles, elle demeurerait bien banale...

La traversée de la mer intérieure tient l'affiche du Théâtre Jean Duceppe jusqu'au 7 décembre. Pour informations : www.duceppe.com.

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