POLITIQUE
07/11/2013 10:53 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Graham Fraser déplore l'érosion du bilinguisme au sein de la fonction publique fédérale

CP

Dans son septième rapport annuel, déposé jeudi matin, le commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser, souligne que la crise financière de 2008 et la période de compressions budgétaires dans l'appareil gouvernemental a eu des conséquences sur l'application de la loi sur les langues officielles.

« Dans le contexte de compressions budgétaires, je ne vois pas d'évidence qu'on a ciblé les services linguistiques ou le respect des droits linguistiques. Mais ce que je constate aussi, c'est qu'il y a eu des dommages collatéraux des compressions, des changements structurels », affirme Graham Fraser.

« On a vu la fermeture du centre de sauvetage à Québec, qui a été suspendue, mais quand même il y a eu ce réflexe de fermeture. Et fermeture de l'Institut Maurice-Lamontagne. Donc, une série de fermetures de bureaux, une série de restructuration et également certaines [coupes] de postes », ajoute le commissaire Fraser.

La réduction des niveaux de compétences requis pour les postes bilingues, la pression sur les fonctionnaires et le manque de ressources pour les formations explique en partie la situation. Il arrive trop souvent, selon M. Fraser, que la connaissance du français pour des postes clés est un atout et non une exigence.

Certaines institutions ne parviennent toujours pas à s'acquitter de leurs responsabilités en matière de langues officielles, note le commissaire. Il ajoute qu'il est difficile pour les voyageurs d'être servis dans la langue officielle de leur choix partout au Canada. M. Fraser déplore aussi que les deux langues officielles ne soient pas toujours utilisées également dans les lieux de travail fédéraux ou dans les formules d'accueil et les communications au public.

Graham Fraser dit aussi que les dirigeants politiques parlent souvent le français trop brièvement. Il qualifie cela de geste uniquement « symbolique ».

Le commissaire déplore également que le gouvernement n'ait pas voulu reconnaître l'importance du bilinguisme pour les juges de la Cour suprême, mais il salue l'adoption du projet de loi qui force dorénavant les agents du Parlement à être bilingues.

Graham Fraser note aussi que le bilinguisme progresse dans la population. Il souligne qu'un demi-million de Canadiens de plus qu'il y a dix ans sont bilingues. C'est le cas de la majorité des premiers ministres provinciaux, ajoute-t-il.

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