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03/11/2013 06:41 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Nouveau souffle sur Laval et Mascouche et St-Rémi

CP File

MONTRÉAL - Plongées dans la tourmente, les villes de Laval, de Mascouche et de Saint-Rémi connaîtront un nouveau départ avec l’élection de nouveaux maires. Un renouvellement de la classe politique s'est aussi dessiné dans plusieurs autres municipalités de la province.

L'ex-policier Marc Demers, qui promet de s’attaquer à la corruption et aux conflits d’intérêts dans l’appareil public lavallois, a été élu nouveau maire de Laval. En fin de soirée, après le dépouillement de 727 des 729 sections de vote, le chef du Mouvement lavallois récoltait 44,2 pour cent des votes.

«Aux candidats qui ont travaillé très fort, je sais que certains sont fatigués, mais je veux vous dire que les vacances sont terminées. Nous commençons à travailler!», a-t-il lancé à ses partisans dans son discours de victoire.

Celui qui promet de mettre «fin au désordre laissé par les anciens élus» devançait ainsi Jean-Claude Gobé, du parti Action Laval, qui héritait de 24,3 pour cent des votes.

Pour la première fois en 24 ans, le vote populaire amène au pouvoir un autre maire que Gilles Vaillancourt à la tête de Laval. Depuis son départ, deux maires par intérim se sont succédé, dont Alexandre Duplessis, qui a dû démissionner après avoir été éclaboussé par un scandale impliquant des prostituées.

La transparence et l'éthique ont profondément marqué la campagne. À mi-course, la candidate à la mairie et chef du parti Option Laval, Claire Le Bel, avait révélé avoir été approchée par l'ancien maire Vaillancourt, qui fait face à des accusations de fraude, de corruption, de complot et de gangstérisme. En fin de soirée, Mme Lebel récoltait 12,4 pour cent du vote populaire.

À Mascouche, Guillaume Tremblay, chef du parti Vision démocratique, a été élu nouveau maire avec 53,7 du vote. Il était suivi par Luc Thériault avec 35,8 pour cent du vote. Ils sont tous deux d'anciens députés du Parti Québécois. Le candidat indépendant, Pierre Nevraumont, a récolté 10,5 pour cent des votes.

Au cours des dernières années, la ville de Mascouche a elle aussi été plongée dans un profond tumulte politique. Richard Marcotte, maire entre 1992 et 2012, a entre autres été accusé de fraude, de complot et d'actes de corruption. En raison de l'accumulation des controverses, il a présenté sa démission en novembre 2012.

Et à Saint-Rémi, une autre ville touchée par des allégations de corruption, le maire sortant Michel Lavoie a été chassé du pouvoir. Sylvie Gagnon-Breton a été élue en obtenant 1500 votes, soit 39,88 pour cent des suffrages exprimés, contre 987 votes pour M. Lavoie.

À la fin du mois d'août, Michel Lavoie avait été relevé de ses fonctions par la Cour supérieure du Québec. En vertu de la nouvelle loi 10, Michel Lavoie ne pouvait être à la tête d’une municipalité alors qu’il est sous le coup d'accusations de complot, d'abus de confiance et de fraude.

La suspension n’était cependant valide que pour la durée du mandat pendant lequel les accusations ont été portées. Il y a moins d’un mois, Michel Lavoie a de nouveau été arrêté par le Service des enquêtes sur la corruption de l'UPAC, sans pour autant mettre un terme à sa campagne.

«La population voulait un changement à la mairie. J'étais dans le conseil et les gens savent comment je suis intègre. Les accusations contre le maire sortant sont sérieuses et à ce niveau, la justice va suivre son cours», a confié Mme Gagnon-Breton à ce sujet dans les minutes suivant sa victoire.

Par ailleurs, à Gatineau, le maire sortant, Marc Bureau s'est fait montrer la porte par la population après huit ans au pouvoir. Il faisait face cette année à une opposition organisée sous la bannière Action Gatineau. Le candidat à la mairie de ce nouveau parti, Maxime Pedneaud-Jobin, a obtenu 52,62 pour cent comparativement à 36,13 pour M. Bureau.

Saint-Jean-sur-Richelieu

Michel Fecteau, président de SOS Richelieu, organisme fondé en marge des inondations du printemps 2011, l'a emporté par une majorité de 589 votes sur l'ancien député libéral Claude Bachand. M. Fecteau a obtenu 21,9 pour cent des votes exprimés, contre 20,2 pour cent pour son plus proche rival.

La campagne a été marquée par la question de la corruption, alors que la ville a été dans la cible de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Lors de cette opération, deux fonctionnaires ont été arrêtés en 2012 et réintégrés dans leurs fonctions en 2013.

Neuf candidats s'affrontaient pour devenir maire de la ville, après le départ plus tôt cette année du maire sortant, Gilles Dolbec. Ce dernier était à la tête de la municipalité depuis le début des années 80.

À Granby, Pascal Bonin a remporté la victoire avec 1643 voix d’avance sur le maire sortant Richard Goulet, en poste depuis 2005.

Élu pour la première fois en 2005, le maire de Granby, Richard Goulet, faisait cette année face à une forte opposition avec deux conseillers municipaux, Pascal Bonin et Éliette Jenneau, sur les rangs pour le remplacer.

Continuité à Longueuil, Sherbrooke et Saguenay

Si plusieurs citoyens ont décidé de se tourner vers de nouveaux leaders, d'autres villes ont choisi de faire confiance aux candidats sortants.

C'est notamment le cas à Longueuil où la mairesse sortante et chef du parti Action Longueuil, Caroline St-Hilaire, a été facilement reportée au pouvoir. Toute la soirée, elle obtenait près de 90 pour cent des votes exprimés. Il s'agit d'un deuxième mandat pour celle qui mène la destinée de la cinquième plus grande ville au Québec.

À Sherbrooke, Bernard Sévigny se dirigeait vers une victoire facile en milieu de soirée alors qu'il monopolisait les trois quarts des votes des Sherbrookois.

À Saguenay, le maire sortant Jean Tremblay a lui aussi été réélu sans difficulté pour un cinquième mandat. Pendant une quinzaine de minutes, le candidat à la mairie, Paul Grimard, a détenu une mince priorité. Mais rapidement, M. Tremblay a pris la tête dans les votes exprimés.

Il s'agit d'un coup de force pour le maire Tremblay, qui n'a participé à aucun débat pendant la campagne en misant plutôt sur ses réalisations. À l'occasion d'un point de presse, il a remercié la population et a salué l'élection de plusieurs conseillers à qui il avait donné son appui.

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