DIVERTISSEMENT
04/11/2013 12:00 EST

Avec «Exit», Carole Laure pose son regard sur la génération Internet (PHOTOS)

Ismael Houdassine

Ils sont beaux et jeunes. Les voilà courant dans les bois comme des pans joueurs et agiles de la mythologie grecque. Le tournage d’Exit – le prochain film de Carole Laure – qui rassemble dans la bonne humeur une bande de jeunes acteurs entourés de figurants a eu lieu en octobre dernier au cœur de la pinède d’Oka. Reportage.

Les séquences au cœur de la nature que l’actrice et cinéaste tourne lors de notre passage sur les lieux se veulent bucoliques à souhait. La lumière poudrée de l’automne s’incruste entre les troncs rugueux des arbres et la brise encore chaude fait tomber sur les têtes une myriade d’aiguilles de pin. «Magnifique!», s’exclame Carole Laure avant d’entonner le classique «attention, on tourne!» qu’elle n’a pas prononcé depuis 2007 avec la réalisation de son précédent opus La capture.

Avec un temps pareil, difficile de croire que certains membres de l’équipe technique craignaient quelques heures auparavant la pluie et les bourrasques pourtant prévues par les services météorologiques. «Cela aurait été désastreux, concède l’un d’entre eux. D’autant plus que nous tournons aujourd’hui les seules scènes du film qui se déroulent dans la nature. On a beaucoup prié.» Plus de peur que de mal en somme et un gros merci là-haut au saint patron du 7e art.

L’objectif de la caméra suit sur un trajet bien défini la course un peu folle de cette bande de jeunes gars et filles dirigés par Touga, leur metteure en scène et chorégraphe interprétée par Céline Bonnier qui exhibe pour l’occasion une moustache bien virile semant le trouble sur son véritable sexe. «L’idée vient de la réalisatrice. Elle voulait brouiller les pistes sur ma personnalité. J’ai trouvé l’idée étonnante et judicieuse. C’est du Carole Laure tout craché!», s’exclame la comédienne.

Un film sur la jeunesse d’aujourd’hui

Hasard d’un tournage en plein bois, le long métrage est avant tout une œuvre chorale qui se passe la plupart du temps entre les murs bétonnés de la ville. «J’ai toujours voulu faire un film sur Montréal, avoue Carole Laure en entrevue. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie et je peux vous dire que Montréal est une cité d’art dynamique qui n’a rien à envier aux autres grandes agglomérations du monde».

Exit s’attarde donc sur la vie d’un groupe de jeunes artistes aux désirs très contemporains. «Le film a l’intention de parler de cette nouvelle génération composée d’individus baignés par les nouvelles technologies. Rien ne va assez vite pour eux puisqu’ils peuvent décider de choses en un seul clic. Même si dans leur vie personnelle, les frontières de la sexualité ou de la carrière professionnelle ne sont pas aussi nettes qu’à mon époque, il reste qu’ils demeurent aussi angoissés», raconte-t-elle.

Dans le long métrage, on suit les destins croisés de cette jeunesse qui vit à cent à l’heure et dont certains membres (un des rôles est d’ailleurs joué par Tomas Furey, le fils de Carole Laure) se retrouvent toutefois rassemblés autour d’un projet artistique pluridisciplinaire. On pense naturellement à CQ2, autre film de la réalisatrice qui mettait en scène cette fois sa fille Clara Furey jouant les premiers pas d’une future danseuse.

«Je ne sais pas où sont les liens entre ces deux films, car Exit est un projet exploratoire tout nouveau pour moi. Il n’y a pas seulement de la danse, mais aussi de la musique et du théâtre, autant de disciplines qui ont surtout pour objectif de montrer un grand appétit de vivre», tient-elle à préciser.

Doté d’un budget de 2,4 millions de dollars, Exit est produit par Lyse Lafontaire (Lyla Films). Outre Céline Bonnier, Tomas Furey et une apparition remarquée de Pascale Bussière, le film dont la sortie en salles est prévue pour 2014 met en vedette Magalie Lépine-Blondeau, Benoit McGinnis, Natacha Filiatrault et Éric Robidoux.

EN IMAGES:

Tournage du film «Exit» de Carole Laure

Retrouvez les articles du HuffPost sur notre page Facebook.