POLITIQUE

Maxime Bernier suggère un référendum sur le Sénat au congrès conservateur de Calgary

01/11/2013 03:56 EDT | Actualisé 01/01/2014 05:12 EST
PC

CALGARY - Malgré tous les espoirs des organisateurs, le Sénat et ses scandales ne réussissent pas à se faire oublier au congrès du Parti conservateur à Calgary: le ministre québécois Maxime Bernier y a même mis son grain de sel vendredi, suggérant de tenir un référendum sur son abolition.

Une avenue aussitôt écartée par ses collègues ministres qui préfèrent attendre l'opinion de la Cour suprême, qui a déjà été saisie de cette question.

Justement, croit Maxime Bernier, «il est temps maintenant de demander aux Canadiens quoi faire avec le Sénat».

«J'aimerais bien qu'on puisse avoir un référendum pancanadien sur cette question-là et laisser les Canadiens décider», a-t-il dit lors du Congrès.

Le ministre de la Beauce se fie amplement aux conclusions de la Cour d'appel du Québec qui a récemment rendu sa propre opinion sur le projet du gouvernement conservateur visant à réformer le Sénat. La Cour a déterminé qu'il faut une majorité des provinces pour modifier le Sénat et l'unanimité de celles-ci pour l'abolir.

M. Bernier se défend de vouloir écarter les provinces du processus avec son idée.

«Il est important d'aller chercher un mandat clair pour avoir une certaine légitimité et après il sera plus facile d'aller parler aux provinces», a justifié le ministre, qui lui-même préférerait se débarrasser de la Chambre haute, qui coûte, selon lui, 100 millions $ par année aux citoyens.

Mais pour des membres du cabinet Harper, comme le ministre de la Justice, Peter MacKay, et le ministre du Développement international, Christian Paradis, il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs.

M. Paradis juge la démarche de son collègue prématurée. Et il aurait aussi préféré que l'idée soit débattue en caucus, donc en privé, plutôt que d'être ainsi lancée sur la place publique sans consultation.

«Je préfère qu'on attende le renvoi qui est à la Cour suprême pour bien définir le cadre constitutionnel», résume M. Paradis.

L'idée du ministre Bernier a toutefois trouvé un écho favorable dans l'Ouest canadien.

«Pas une mauvaise idée Maxime Bernier», a écrit le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, sur son compte Twitter.

Les discussions sur les politiques du parti ont par ailleurs débuté vendredi au congrès.

Les militants conservateurs ont voté, encore une fois, contre une proposition visant à changer le mode de sélection de leur chef. Si les règles avaient été modifiées, elles auraient désavantagé le Québec.

Certains militants veulent que chaque membre ait un vote pour choisir le leader du parti. Actuellement, toutes les circonscriptions ont un poids égal dans le processus de sélection, qu'elles comptent un ou 10 000 membres.

Cette résolution avait été mise de l'avant lors des derniers congrès conservateurs — et rejetée chaque fois.

Les circonscriptions du Québec, qui sont généralement moins riches en membres que celles de l'Ouest du pays, auraient perdu au change et auraient peu à dire dans la sélection du successeur de Stephen Harper, lorsqu'il décidera de céder sa place. Les provinces de l'Atlantique auraient aussi été désavantagées.

Le ministre québécois Christian Paradis s'est dit heureux que la résolution ait été défaite. Et de façon claire.

«Un membre un vote, avec le membership au Québec... Je pense qu'il y a plus de membres dans la ville de Calgary que dans la province de Québec», dit-il.

Le ministre MacKay, opposé au changement, est d'avis que la règle actuelle fait en sorte qu'il y a une large représentation nationale dans le choix du chef.

Il rappelle que les règles actuelles sont un principe fondateur du Parti conservateur, une condition de sa fusion entre les progressistes conservateurs et l'Alliance canadienne en 2003.

«Je crois réellement et passionnément que nous devons avoir l'égalité et être inclusifs dans notre parti», a déclaré M. MacKay peu après le vote.

«Le parti a parlé et les principes démocratiques sont bien vivants.»

La proposition pourrait tout de même être discutée en plénière samedi si suffisamment de militants signent une pétition d'urgence en sa faveur. Mais selon de nombreux partisans qui étaient présents lors de la discussion initiale, la majorité des militants présents ont voté contre.

M. MacKay a aussi fait valoir qu'une résolution sur le plancher vise à empêcher que des propositions reviennent à chaque congrès. Il espère qu'elle sera adoptée pour reléguer aux oubliettes définitivement cette question de la méthode visant à choisir le leader du parti.

La résolution pour condamner la discrimination contre les filles par le biais de la sélection par le sexe du bébé a par contre été adoptée. Elle sera discutée en plénière samedi. Certains craignent que cette résolution ne pave la voie à la réouverture du débat sur l'avortement.

Le ministre Paradis aurait préféré que cette résolution ne soit pas présentée, jugeant qu'elle divise inutilement les membres.

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