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Greenpeace: les militants détenus seront déplacés vers Saint-Pétersbourg

01/11/2013 11:34 EDT | Actualisé 01/01/2014 05:12 EST
PC

SAINT-PETERSBOURG, Russie - Les militants de Greenpeace détenus en Russie depuis la fin du mois de septembre après l'abordage de leur navire Arctic Sunrise ont commencé à être déplacés de Mourmansk à Saint-Pétersbourg, a appris La Presse Canadienne vendredi.

Les 28 militants, un photographe pigiste et un vidéo journaliste avaient été arrêtés dans les eaux internationales du nord, près d'une plateforme pétrolière de Gazprom. Parmi eux figurent Alexandre Paul, de Montréal, et Paul Ruzycki, de Port Colborne, en Ontario.

Par la voie de ses contacts diplomatiques, Greenpeace International a obtenu des informations voulant que ces personnes quitteraient Mourmansk. Le directeur exécutif de l'organisation, Kumi Naidoo, soutient que ce déplacement ne constitue pas de garantie quant aux conditions de détention des militants.

Outre l'annonce de ce déplacement, Greenpeace international a appris que les autorités russes n'ont pas requalifié, telles qu'elles l'avaient affirmé, les actes d'accusation.

Les 30 détenus devaient voir l'accusation de piraterie «rétrogradée» en accusation de hooliganisme (actes de vandalisme). Or, il n'en est rien.

Les accusations de piraterie sont maintenues et pour certains militants, un chef de hooliganisme s'est ajouté. Les militants risquent 15 ans de détention pour piraterie et sept ans pour hooliganisme.

«Les 30 détenus se trouvent à avoir deux chefs d'accusation contre eux. Ce qui a été présenté comme un allègement de la peine est plutôt une peine double et on ne sait pas si la Russie va retirer les accusations de piraterie et d'hooliganisme, dans les deux cas, des chefs disproportionnés», a souligné Patrick Bonin, responsable de la campagne énergie et climat de Greenpeace au Québec.

Deux Canadiens sont retenus en Russie, il s'agit du Montréalais, Alexandre Paul, et de l'Ontarien, Paul Ruzycki. Les familles canadiennes de ces militants ont manifesté, plus tôt cette semaine à Ottawa.

Après 42 jours sans véritable contact avec son fils, Nicole Paul a reçu un premier appel téléphonique de son garçon âgé de 35 ans. La conversation, qui a duré environ 30 minutes, a permis de conclure que le moral d'Alexandre demeure bon, tout comme sa santé, mais il admet avoir perdu beaucoup de poids depuis sa détention.

Alexandre Paul a aussi confié qu'il cohabitait avec un autre détenu, avec qui il apprend quelques mots russes. Nicole Paul, qui disait avoir du mal à dormir, s'est dite soulagée par ce coup de fil. Son fils lui a demandé de ne pas venir en Russie pour l'instant et l'a assuré qu'il lui sera possible d'entrer à nouveau en contact avec elle, sans pouvoir dire quand exactement.

Peu après l'arrestation des 30 militants de Greenpeace, le tribunal régional de Mourmansk a décrété qu'ils devaient demeurer en détention jusqu'au 24 novembre, au moins. Greenpeace maintient que cette captivé est illégale.

«Ces gens-là devraient être en liberté. Et nous n'avons pas de justification à savoir pourquoi ils ont été déplacés. Un des avantages de Saint-Pétersbourg est une plus grande proximité aux services consulaires», a ajouté M. Bonin.

Greenpeace maintient toujours que ses militants ont agi pacifiquement et voit dans cette détention une attaque frontale au droit de manifester.

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