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Crack : la police a la vidéo de Rob Ford (VIDÉO)

31/10/2013 10:52 EDT | Actualisé 31/12/2013 05:12 EST

Le maire de Toronto, Rob Ford, a affirmé jeudi, qu'il n'avait « aucune raison de démissionner », malgré le fait que la police a mis la main sur une copie d'une vidéo sur laquelle il figure et qui le montrerait en train de consommer ce qui semble être du crack. Le maire a dit qu'il « aimerait » pouvoir se défendre, mais qu'il ne pouvait le faire, parce que « l'affaire est toujours devant les tribunaux ».

Rob Ford ne fait, toutefois, face à aucun chef d'accusation pour l'instant.

Il a ignoré les questions que hurlaient les journalistes à son endroit durant un court point de presse de moins d'une minute et demie devant son bureau à l'hôtel de ville.

« Je vais continuer de rappeler les résidents et d'épargner de l'argent aux contribuables, ce pour quoi j'ai été élu. »

— Rob Ford, maire de Toronto

Jeudi matin, le chef de police Bill Blair avait affirmé que son service avait récupéré une vidéo dont les « images corroborent celles qui ont précédemment été décrites dans la presse », en référence à la vidéo controversée que le Toronto Star et le site américain Gawker disent avoir vu en mai dernier dans laquelle on voyait un homme ressemblant au maire en train d'inhaler ce qui semble être du crack.

Le maire a toujours nié consommer du crack et a affirmé qu'une telle vidéo n'existait pas. Il n'a pas encore été interrogé par la police. Le chef Bill Blair a précisé que rien dans la vidéo ne justifiait le dépôt d'accusations contre M. Ford.

Toutefois, son ami Alessandro Lisi, arrêté plus tôt ce mois-ci pour trafic de drogue, sera aussi accusé de tentative d'extorsion pour avoir tenté de « récupérer un enregistrement ». Le chef Bill Blair n'a pas voulu donner plus de détails. L'homme de 35 ans, qui avait été libéré sous caution, est maintenant en détention. La date de sa comparution n'a pas été dévoilée pour l'instant.

Le chef de police Blair a paru ébranlé par moments lors de son point de presse jeudi matin. Il a lui-même vu la vidéo du maire.

« Je suis déçu en tant que citoyen de Toronto et pour la réputation de la ville. »

— Bill Blair, chef de police de Toronto

La chef Blair a indiqué que la vidéo était sur un disque dur saisi dans le cadre d'une enquête sur le trafic de drogue. Elle avait été effacée, mais des experts de la police ont pu récupérer son contenu.

Avant ces révélations, jeudi matin, Rob Ford, visiblement furieux, avait quitté son domicile en voiture, à nouveau sans vouloir répondre aux questions des journalistes.

« Sortez de mon terrain », a crié le maire aux caméramen.

Rencontres étranges

Quelque 300 pages de documentation liées à l'arrestation de M. Lisi, plus tôt ce mois-ci, qui ont été dévoilées jeudi matin, révèlent également que la police de Toronto a observé une série de rencontres bizarres au cours des derniers mois entre le maire Rob Ford et son ami Alessandro Lisi, qui a été accusé plus tôt ce mois-ci de trafic de drogue, alors qu'il était sous surveillance.

Les policiers avaient lancé leur enquête, en mai dernier, après que des journalistes eurent affirmé avoir vu une vidéo d'un homme ressemblant au maire Rob Ford en train de fumer ce qui semblait être du crack. La police a alors pris la mesure extraordinaire d'instiguer une opération de surveillance des agissements du maire de la plus grande ville au pays, y compris à l'aide d'un avion.

Parmi les échanges douteux observés par la police, une rencontre le 26 juin dernier en bordure d'un terrain de soccer où le maire regardait un match.

Plusieurs personnes citées dans la documentation policière allèguent que M. Lisi founissait de la marijuana et peut-être aussi de la cocaïne au maire.

Un enquêteur de la police confirme également dans les documents que la maison devant laquelle le maire Ford apparaît dans une photo aux côtés d'hommes au passé douteux était un repère pour la consommation de crack.

Nombre d'experts s'étaient étonnés du fait que la police eut déposé quelque 480 pages de documentation pour obtenir des mandats de perquisition contre M. Lisi plus tôt ce mois-ci, et ce, pour une simple affaire de trafic de marijuana. 

Environ 170 des 480 pages de documentation demeurent, toutefois, censurées, du moins pour l'instant. Ces pages contiennent entre autres les noms de tierces parties qui n'ont pas été accusées dans l'affaire. La Cour doit entendre les parties à nouveau à ce sujet le 8 novembre.

Les médias invoquent le droit du public à être informé pour obtenir l'ensemble des documents. La Couronne affirme, au contraire, que certaines informations doivent rester confidentielles pour les fins de l'enquête policière.

M. Lisi, un homme de 35 ans, est un ami de M. Ford pour qui il a agi également à titre de chauffeur occasionnel. Le maire s'est dit dans le passé « surpris » de son arrestation, affirmant qu'il était un « bon gars ».

Démission?

Déjà au moins une conseillère municipale demande au maire de démissionner, du moins temporairement.

Selon la conseillère Carroll, « ce genre de distraction ne va pas arrêter ». « Pour la bonne gouvernance de la ville, dit-elle, il doit quitter son poste ».

Sa collègue Paula Fletcher a dit que les révélations « dépassent tout entendement », sans exiger publiquement sa démission, alors que le conseiller John Parker n'a pas voulu jeter la pierre au maire pour l'instant.

Pour sa part, la première ministre Kathleen Wynne a refusé de se mouiller, affirmant qu'il fallait laisser les procédures judiciaires suivre leur cours.

Lettres controversées

Plus tôt ce mois-ci, le procureur général de l'Ontario, John Gerretsen, et nombre de conseillers municipaux avaient remis en question le jugement du maire, après qu'il eut été révélé qu'il avait rédigé une lettre de recommandation pour Alessandro Lisi l'été dernier.

Ce dernier faisait alors face à la justice dans une autre affaire, soit un procès pour menaces de mort contre une femme. Dans sa lettre, le maire montrait un appui inconditionnel à l'homme qui avait travaillé, racontait-il, au sein de son équipe électorale en 2010. M. Lisi en a appelé de sa condamnation.

M. Ford a aussi écrit une lettre de recommandation l'an dernier pour Douglas Sedgewick, un autre homme au passé douteux. La Ville refusait alors de renouveler le permis de ce conducteur de dépanneuse, après qu'il eut roulé à 115 km/h dans une zone où la vitesse permise était de 60 km/h. Son permis a finalement été renouvelé, mais à certaines conditions. M. Sedgewick avait par ailleurs été reconnu coupable de meurtre au second degré dans les années 1980 lors d'un braquage de domicile. Ce dernier a raconté au Toronto Star que sa copine est une amie du maire, affirme que ce dernier était « plus ou moins au courant » de cette condamnation passée.

Certains conseillers municipaux de Toronto ont demandé comment le maire Rob Ford a pu penser qu'il était « approprié » de rédiger des lettres de recommandation pour de tels personnages.

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