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Les salons de coiffure à un cheveu du fisc

30/10/2013 03:30 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

Quelle est l'ampleur réelle de la fraude fiscale dans les salons de coiffure au Québec? L'équipe d'Enquête a voulu mesurer les efforts faits par le gouvernement pour contrer ce phénomène au fil des ans. Et elle a découvert que le travail au noir est loin d'y être en perte de vitesse.

« J'avais une partie déclarée et une partie, quand même, je dirais presque 50 %, qui n'était pas déclarée », affirme Marie-Eve Medza, qui a déjà travaillé au noir comme coiffeuse.

Si elle accepte d'en parler ouvertement, c'est qu'elle désapprouve cette pratique qui, selon elle, est encore largement répandue dans l'industrie.

Munie d'une caméra cachée, une équipe d'Enquête a tenté de se faire embaucher au noir pour avoir une idée de l'ampleur du phénomène.

- « Ben moi, j'ai toujours été habituée d'avoir un montant chèque, pis toujours un montant en dessous, en enveloppe », affirme notre collaboratrice.
- « Ça, c'est possible », répond le commerçant.

Ce dernier a nié avoir tenu ces propos compromettants et a refusé d'accorder une entrevue à Enquête.

L'informatisation, efficace?

Certains salons ont pris le virage technologique et utilisent maintenant des logiciels pour faire la gestion de leurs commerces. Enquête s'est rendue chez le distributeur d'un de ces logiciels afin de vérifier si l'informatisation a fait disparaître les vieilles habitudes.

- « Il n'y a pas moyen de ne pas en déclarer quelques-unes? » demande notre collaboratrice.
- « Oui, on peut toujours, les factures cash seulement », répond la représentante en question.

Appelée à s'expliquer, cette dernière soutient avoir dit n'importe quoi à notre collaboratrice parce qu'elle ne l'avait pas prise au sérieux.

Du côté de Revenu Québec, on dit être conscient du problème. Mais si certains veulent forcer l'installation de modules d'enregistrement des ventes (MEV) dans tous les salons de coiffure - comme c'est le cas dans les restaurants -, le fisc résiste.

« Ce n'est pas une possibilité à court terme, d'autres secteurs nous semblent plus appropriés », indique le porte-parole de Revenu Québec, Stéphane Dion.

Pourtant, la catégorie des soins personnels - dont fait partie la coiffure - est au troisième rang des secteurs les plus touchés par l'évasion fiscale après la construction et la restauration.

D'après un reportage de Julie Vaillancourt

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