Robert Zambito, qui était l'un des candidats de l'équipe Denis Coderre aux élections municipales dans l'arrondissement de Saint-Léonard, vient de remettre sa démission.

M. Zambito, un ancien conseiller d'Union Montréal, est mêlé à des allégations de pots-de-vin.

Radio-Canada a appris que M. Zambito aurait tenté à deux reprises, depuis 2010, d'offrir de l'argent à un autre conseiller d'Union Montréal pour que ce dernier l'aide à faire réduire le prix d'un terrain appartenant à la Ville, qui nécessitait des travaux de décontamination.

Une première fois, au printemps 2010, Robert Zambito aurait, selon les sources du module Enquête de Radio-Canada, offert 20 000 $ à un autre conseiller d'Union Montréal, Bernard Blanchet, de l'arrondissement de Lachine. M. Blanchet aurait refusé le pot-de-vin sur-le-champ, aurait dénoncé les agissements de M. Zambito lors d'une rencontre avec le maire de l'époque, Gérald Tremblay. Celui-ci lui aurait conseillé de porter plainte à la police, ce que Bernard Blanchet a fait.

La seconde tentative serait survenue à la Salle Renaissance de Saint-Léonard, en 2011, lors d'une réunion d'Union Montréal. Robert Zambito aurait alors invité Bernard Blanchet à le suivre au sous-sol de l'établissement, en compagnie du promoteur Joe Libertella, l'acheteur du terrain au coeur de cette histoire.

Les deux hommes auraient dit à M. Blanchet qu'ils allaient le récompenser s'il les aidait à réduire le prix du terrain. Encore une fois, le conseiller Blanchet aurait refusé la proposition et aurait à nouveau alerté la police.

Robert Zambito nie toute malversation. Il admet avoir discuté de l'acquisition du terrain par une compagnie de Libertella avec le conseiller Blanchet, mais sans plus.

L'escouade Marteau, bras policier de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), poursuit son enquête. Impossible de savoir où elle en est. Aucune accusation n'a été portée.

Mis au courant de l'enquête policière en cours, Denis Coderre a exigé le retrait de son candidat. « Moi, c'est tolérance zéro. Quand je l'ai appris, quand vous nous avez appelés, vous nous avez dit qu'il y avait une enquête policière [...] j'ai rencontré M. Zambito, on a posé des questions. Il nie que c'est arrivé. Mais étant donné qu'il y a enquête policière, moi c'est tolérance zéro et je lui ai demandé sa démission. Il a la présomption d'innocence, il va pouvoir se défendre. Mais je lui ai demandé sa démission et il me l'a signée ce matin », a indiqué M. Coderre en entrevue.

« Au moment de son recrutement, M. Richard L. Zambito a, comme tous nos candidats, rempli un questionnaire exhaustif assermenté et rien d'irrégulier n'y apparaissait », ajoute un communiqué publié par l'Équipe Denis Coderre.

Robert Zambito était le conseiller de la Ville sortant du district de Saint-Léonard-Est. Élu pour la première fois en 1986, il en était à son septième mandat.

Gestionnaire immobilier de carrière, M. Zambito siégeait notamment à la Commission sur la sécurité publique de la ville centre et à la Commission de l'aménagement de la Communauté métropolitaine de Montréal, en plus d'autres commissions et comités dans son arrondissement.

Pour sa part, Bernard Blanchet est candidat pour un poste de conseiller de la Ville dans Lachine, sous la bannière de la Coalition Montréal Marcel Côté.

Les adversaires enfoncent le clou

Tant le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, que la chef du Vrai Changement pour Montréal, Mélanie Joly, ont rappelé que l'Équipe Denis Coderre comptait toujours une vingtaine de candidats issus du parti Union Montréal.

« Si la population veut que l'on mette fin une fois pour toutes à ces scandales à répétition, à ces démissions forcées, à ces perquisitions dans les bureaux des arrondissements de Montréal ou de la Ville de Montréal elle-même, ce n'est pas compliqué, elle doit voter pour une équipe honnête, une équipe complète de gens intègres », a déclaré Richard Bergeron, rappelant du même coup que Bernard Blanchet, alors président du caucus des élus d'Union Montréal, avait continué à siéger aux côtés de Robert Zambito à l'époque des faits allégués.

« Pour des fins électoralistes, M. Coderre a décidé de s'entourer d'"ex" d'Union Montréal, alors qu'il savait qu'il y avait des perquisitions dans certains arrondissements, dont Saint-Léonard. Alors clairement, encore une fois, M. Coderre démontre qu'il n'a pas la crédibilité pour s'attaquer à la corruption à Montréal », a ajouté Mélanie Joly.

Le candidat de la Coalition Montréal, Marcel Côté, s'est moqué du « filtre Coderre » dont l'ancien député fédéral dit s'être servi pour choisir ses candidats. « À trois jours des élections, découvrir que son filtre n'était pas suffisant pour découvrir [qu']un de ses candidats, un candidat qui siège au conseil [municipal] de Montréal, était enquêté par l'UPAC, c'est vraiment décevant, décourageant », a déclaré M. Côté.

Un autre candidat de l'Équipe Denis Coderre avait dû démissionner à la fin septembre. Mario Charpentier, qui se présentait dans l'arrondissement d'Outremont, faisait l'objet de deux constats d'infraction du Directeur général des élections, à titre d'ex-président de la défunte Action démocratique du Québec. Le DGE lui reprochait d'avoir aider en 2008 deux personnes à verser une contribution à l'ADQ supérieure à la limite de 3000 $.

Avec des informations d'Alain Gravel

Élections Grand Montréal

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  • Jeune politicien

    Denis Coderre a tenté sa chance en politique dès l'âge de 25 ans. En 1988, le jeune candidat libéral est défait par Gaby Larrivée, le candidat progressiste-conservateur dans la circonscription de Joliette. Il sera à nouveau battu lors d'une partielle par Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie, à Montréal. Denis Coderre tentera ensuite sa chance dans la circonscription de Bourassa où il sera élu à sa deuxième tentative, en 1997.

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    Denis Coderre le répète à qui veut l'entendre: il n'a pas été blâmé par le rapport de la commission Gomery. L'enquête sur le scandale des commandites a tout de même révélé qu'il entretenait des relations étroites avec plusieurs acteurs de ce détournement de fonds publics. Le journaliste Normand Lester<a href="http://fr-ca.actualites.yahoo.com/blogues/la-chronique-de-normand-lester/l-irresistible-ascension-de-denis-coderre-comme-boss-de-montreal-132853114.html" target="_blank"> rappelait dans une chronique</a> qu'il a travaillé pour le Groupe Polygone «le plus important récipiendaire des contrats du programme des commandites». Denis Coderre a aussi bénéficié pendant six semaines du condo de son ami Claude Boulay, du Groupe Everest, en plus d'accepter des billets pour une loge au Centre Bell du publicitaire Jean Lafleur, condamné dans le scandale des commandites.

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  • Réalisations

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  • Vedette sur Twitter

    On sait tous que Denis Coderre est un grand utilisateur de Twitter. L'ex-député compte plus de 100 000 abonnés sur le site de micro-blogues. Mais saviez-vous le politicien a même inventé son propre «hastag» pour suivre les matchs du Canadien de Montréal? En effet, il est possible suivre les matchs du Canadien en sa compagnie grâce au mot-clé: #HabsDC.


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