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Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue: rencontre avec Alexandre Castonguay (VIDÉO)

29/10/2013 06:20 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

Attendez-vous à découvrir un être hors du commun, un gars de l'Abitibi auquel vous vous attacherez instantanément, que vous suivrez pendant 80 minutes et que vous n'oublierez probablement jamais.

La majorité des habitants de Rouyn connaissent Alexandre Castonguay. Diplômé du Cégep de St-Hyacinthe en théâtre, grand ami d'Antoine Bertrand, on le voit au cinéma dans La rage de l'ange, de Dan Bigras. Alexandre a fait le choix de s'établir à Rouyn, où il est, comme nous le disait une professeure de cinéma du coin, «non seulement l'acteur le plus connu de la ville, mais le seul acteur, notre acteur professionnel!»

Et au 32e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, il est au cœur du film d'ouverture, Chasse au Godard d'Abbittibbi, et d'un bel ovni appelé Alex marche à l'amour.

Un de ces soirs de bouillonnement cérébral, alors qu'il vient de poser la tête sur l'oreiller, Alexandre Castonguay a eu une idée : entreprendre une marche de plus de 700 km à travers l'Abitibi et le nord-est ontarien en récitant le poème La marche à l'amour de Gaston Miron.

Pas tellement pour l'exploit sportif, vous vous en doutez, mais afin d'entreprendre une quête de vérité, à la fois artistique et personnelle. «Moi, je suis épileptique. C'est à 30 ans que j'ai eu mon premier char. J'ai toujours marché. Ce poème-là, je l'ai dans mon classeur depuis que j'ai 18 ans. Je le savais qu'avec mon intensité, pour moi, ce poème-là, c'est de l'uranium enrichi. Je le gardais loin, mais proche en même temps.» C'est bel et bien le mot qui vient spontanément aux lèvres lorsque qu'on voit apparaître Alexandre Castonguay. Une intensité dans le regard, dans le discours, dans la réflexion. Le tout, avec une façon de parler qui rappelle à la fois Fred Pellerin et Pierre Falardeau.

Le film Alex marche à l'amour, réalisé par Dominic Leclerc, ami et confident de l'acteur, propose au spectateur de suivre Alex dans son pèlerinage, son poème imprimé dans une main, sa cigarette dans l'autre. Au fil des kilomètres, il débarque chez des inconnus, qui l'aident à mémoriser les vers de Miron, mais avec qui la discussion sur le sens de la vie et l'amour prend rapidement le dessus. Un road movie à 4 km/h, lit-on sur l'affiche du film.

Présenté en première mondiale au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, le film a reçu une ovation digne de certaines belles claques de Cannes. Et si la diffusion du film et le pouvoir de séduction de son acteur déclenchaient les sirènes montréalaises, Alexandre Castonguay quitterait-il son coin de pays? «Je vais tellement rayonner chez nous que je vais briller par mon absence chez vous», lance-t-il de son rire enfumé.

Alex marche à l'amour, de Dominic Leclerc présenté aux RIDM, les 19 et 21 novembre

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