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La Turquie inaugure un tunnel entre l'Asie et l'Europe

29/10/2013 11:00 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST

La Turquie ouvre ce mardi à Istanbul le premier tunnel ferroviaire sous-marin reliant deux continents, l'Europe et l'Asie, permettant ainsi au premier ministre conservateur Recep Tayyip Erdogan de réaliser un rêve des sultans ottomans.

Long de 13 km et situé à soixante mètres de profondeur sous le détroit du Bosphore, le Marmaray transportera par métro des voyageurs d'une rive à l'autre de l'ancienne Constantinople, avant d'accueillir plus tard le fret ferroviaire et les TGV.

« Le projet Marmaray (...) unit les continents de la route historique de la soie », a déclaré le ministre des Transports, Binali Yildirim, avant l'inauguration programmée pour coïncider avec le 90e anniversaire de la République turque.

D'un coût total de près de 3 milliards de dollars, le tunnel faisait partie des « mega projets » voulus par Recep Tayyip Erdogan pour modifier en profondeur l'image de la Turquie.

Le Premier ministre, au pouvoir depuis 2002, souhaite également percer un canal de 50 km de long pour rivaliser avec celui de Suez, et qui aurait pour effet de transformer en île la moitié d'Istanbul.

Parmi ses « projets pharaoniques », appelés ainsi par l'opposition, figurent aussi le plus grand aéroport au monde et une mosquée immense dominant la ville sur les hauteurs.

Plusieurs centrales électriques sont en outre à l'étude et un troisième pont sur le Bosphore, qui a déjà nécessité l'abattage d'un million d'arbres, est en cours d'édification.

Un rêve qui coûte cher

Le premier songe tunnelier date de 1891, lorsque le sultan Abdulhamid, bienfaiteur des travaux publics souvent cité en exemple par Erdogan, commanda à des ingénieurs français une étude qui resta lettre morte.

Aujourd'hui, l'immense tube immergé a été construit par la société japonaise Taisei, en partenariat avec les entreprises turques Nurol et Gama. Le financement a été assuré en grande partie par la Banque japonaise pour la coopération internationale.

La levée de fonds pour les autres « méga projets » turcs pourrait toutefois se révéler plus délicate en raison des manques de liquidités actuels sur les marchés financiers, juge Atilla Yesilada, analyste chez GobalSource Partners.

Ces projets augmenteraient d'au moins 130 milliards d'euros la dette extérieure du pays, aggravant ainsi le déficit des comptes courants, qui atteint déja des proportions gigantesques et pourrait représenter cette année 7 % du PIB, selon le FMI.

Reuters

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