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Canada: un séisme important ébranlerait sérieusement l'économie

29/10/2013 03:33 EDT | Actualisé 29/12/2013 05:12 EST
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OTTAWA - Un tremblement de terre d'envergure ébranlerait sérieusement l'économie du Canada selon une étude scientifique qui conclut qu'en cas de séisme important, le pays n'a pas ce qu'il faut pour faire face aux impacts d'une telle catastrophe, selon une étude réalisée par la firme américaine AIR Worldwide pour le compte du Bureau d'assurance du Canada.

Et selon Pierre Babinsky, directeur des communications au Bureau d'assurance du Canada, la région de Québec pourrait subir les pires contrecoups financiers, en raison des infrastructures plus âgées, qui pourraient ne pas résister à de violentes secousses.

Les analystes qui sont associés à AIR Worldwide ont développé une expertise dans la modélisation des impacts de diverses catastrophes. Leurs analyses portent sur les séismes, mais aussi les risques d'inondation, les pandémies et le terrorisme, en déterminant par exemple les rayons d'impact que peuvent avoir différentes armes.

AIR Worlwide a planché sur deux scénarios dans le cadre de son étude sur les risques sismiques au Canada. Le premier modèle étudié est celui d'un tremblement de terre d’une magnitude de 9,0 en Colombie-Britannique et le second de 7,1 près de Québec. Ces deux zones regroupent pas moins de 40 pour cent de la population canadienne.

Pour l'Ouest du Canada, le modèle suggère des pertes économiques de près de 75 milliards de dollars alors que pour l'Est, les dommages sont estimés à 61 milliards.

Ces pertes économiques, le Bureau de l'assurance les attribue non seulement aux dommages matériels, mais aussi à l’interruption des services, des chaînes d’approvisionnement, des défaillances des infrastructures ou des pertes d’exploitation pour les entreprises.

L'étude de AIR Worldwilde tient également compte des types de sols, des populations et des infrastructures qui se trouvent à la surface.

«Au Québec, avec un sol caractérisé par une base de roc, une forte secousse pourrait se faire ressentir beaucoup plus loin. Alors qu'à Vancouver ou Victoria, un tsunami pourrait survenir au large des côtes», a illustré M. Babinsky.

L'étude précise aussi qu'une ville comme Québec, l'une des plus vieilles au Québec, présente des infrastructures plus âgées qui pourraient subir des dommages plus importants comparativement aux villes où les édifices sont construits selon des codes de bâtiment tenant compte des risques sismiques.

Le BAC souhaite que cette étude constitue un point de départ pour sensibiliser à la fois les élus, les gouvernements, les assureurs et le public.

«Personne n'est réellement prêt. Cette étude permet d'avoir un portrait plus complet et de s'asseoir à une même table pour évaluer quelles pourraient être les conséquences d'un méga-séisme», a affirmé M. Babinsky.

À l'heure actuelle, si un tremblement de terre dévastateur se produisait dans une région densément peuplée, l’assurance ne pourrait pas couvrir à elle seule tous les dommages. Inévitablement, les coûts devraient alors être partagés par les gouvernements, les entreprises et le public.

Cette volonté de prévenir un tel sinistre n'émane pas que du BAC. Dans Charlevoix, le nouvel hôpital de Baie-Saint-Paul est érigé précisément parce que l'ancienne structure présentait des risques en cas de séisme de forte magnitude.

Toujours dans Charlevoix, l'événement la Grande secousse, qui s'est tenu en septembre dernier, avait aussi pour but d'anticiper un fort tremblement de terre et d'amener les citoyens à se préparer à cette éventualité.

Le Bureau de l'assurance du Canada estime que les tremblements de terre doivent être considérés comme des risques possibles tout comme n'importe quelle autre catastrophe d'envergure.

Selon Pierre Babinsky, il importe d'anticiper ce type de situation et d'élaborer des stratégies pour éviter de fragiliser la vitalité économique en plus d'avoir à surmonter de multiples difficultés. Il cite les inondations de l'été dernier à Calgary: les crues ont eu des répercussions importantes et ont paralysé la vie économique et causé des pertes assurées de 1,7 milliards $ et des dommages de 6,7 millards $. La même situation a été vécue au Québec, avec le déraillement de Lac-Mégantic.