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Déficit moins élevé à Ottawa : le directeur parlementaire du budget veut des précisions

28/10/2013 06:52 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST

L'étonnante révélation de la semaine dernière, selon laquelle le déficit fédéral est de sept milliards de dollars de moins que prévu, a attiré l'attention du bureau du directeur parlementaire du budget (DPB).

Des précisions ont été demandées au ministère des Finances, a indiqué le directeur parlementaire adjoint du budget, Mostafa Askari, soulignant qu'il leur fallait comprendre d'où provenait cette amélioration puisque cela aurait une incidence sur leurs propres données.

Certains de ces chiffres demeurent un mystère pour l'équipe du DPB, qui ne comprend pas pourquoi les ministères ont dépensé moins que ce qu'ils avaient prévu, ni la raison pour laquelle le ministère des Finances n'a pas vu ces réductions de dépenses au moment de déposer son budget, en mars.

Dans un rapport publié la semaine dernière, Ottawa a annoncé que le déficit budgétaire pour l'année financière 2012-2013 serait de 18,9 milliards de dollars plutôt que les 25,9 milliards annoncés dans le budget de mars.

La vaste majorité de cette économie de sept milliards de dollars, soit 4,9 milliards, provient d'une réduction des dépenses dans les programmes.

M. Askari a expliqué que l'une des principales interrogations du DPB était de savoir si ces économies seraient répétées dans les années à venir ou non.

Si le gouvernement fédéral était en mesure de répéter l'exercice au cours des prochaines années, Ottawa pourrait atteindre l'équilibre budgétaire l'an prochain, soit un an plus tôt que prévu, ce qui devrait profiter aux troupes de Stephen Harper à l'occasion des élections fédérales de 2015.

Le Parti conservateur a promis qu'une fois l'équilibre budgétaire atteint, il instaurerait le fractionnement du revenu entre membres d'une même famille pour des fins d'imposition. Là encore, il s'agit d'une mesure qui devrait favoriser les conservateurs au prochain scrutin.

« Mais à quel prix, pour les Canadiens? », a lancé la porte-parole néo-démocrate en matière de finances, Peggy Nash.

« C'est exactement la raison pour laquelle le DPB a été créé et cela atteint directement la responsabilité du gouvernement. Quels sont les programmes et les services qui ont été affectés? Ils refusent de répondre », a-t-elle déploré.

Interrogé quant à savoir pourquoi les ministères n'avaient pas dépensé la totalité des budgets alloués, le ministre des Finances, Jim Flaherty, y est allé d'une blague.

« Je pense que je les effraie », a-t-il lancé.

Certains estiment que M. Flaherty aurait pu emprunter une stratégie de l'un de ses prédécesseurs, l'ex-ministre libéral Paul Martin, qui avait baissé les attentes pour créer la surprise en annonçant des chiffres meilleurs que ce qui avait été prévu.

Or, l'ancien directeur parlementaire du budget Kevin Page ne croit pas qu'une tactique de ce genre ait été utilisée par M. Flaherty.

M. Page a expliqué que pendant les années 1990, alors que M. Martin était aux commandes, les autorités avaient sabré dans les dépenses en capital - comme l'entretien et l'amélioration des équipements -, mais qu'au final, cela avait nui à l'économie. Cette décision n'avait fait que retarder de quelques années des dépenses nécessaires qui se sont avérées, dans bien des cas, encore plus coûteuses.

Pour atteindre l'équilibre budgétaire, il faudrait que tout se déroule rondement pour le gouvernement fédéral. Or, le ministre Flaherty a déjà prévu des coûts additionnels pour l'année à venir en raison du déraillement de train à Lac-Mégantic et des inondations en Alberta.

Il reste que le ministre a aussi prévu, dans ses projections, un coussin de 3 milliards de dollars pour les « risques », ce qui laisse croire qu'Ottawa est nettement plus près de sa cible que ce qui est annoncé chaque année.

La Presse Canadienne

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