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Première convention collective dans six dépanneurs Couche-Tard

28/10/2013 11:31 EDT | Actualisé 28/12/2013 05:12 EST
PC

MONTRÉAL - Une première convention collective a été conclue entre les quelque 70 travailleurs de six dépanneurs Couche-Tard et la direction de l'entreprise.

La CSN, qui représente ces syndiqués, annonce du même coup la conclusion d'une entente de compensation pour les 24 travailleurs de deux autres dépanneurs qui ont fermé leurs portes en 2011 en marge du processus de syndicalisation.

«On n'a pas signé dans le doute; on signe dans l'enthousiasme», s'est exclamé le président de la CSN, Jacques Létourneau, à l'issue de cette signature qu'il a qualifiée d'historique, soulignant qu'il s'agit d'une première en Amérique du Nord pour ce type de commerces.

La première convention collective, qui touche cinq dépanneurs franchisés et un commerce appartenant à Couche-Tard, a été signée tant par les franchisés que par la direction de Couche-Tard. C'est toutefois la direction de l'entreprise qui a négocié avec la CSN, les pourparlers s'avérant extrêmement difficiles avec les franchisés.

«L'avantage d'une négociation comme celle-ci c'est de l'avoir fait avec la direction de Couche-Tard», a raconté François Lamoureux, adjoint au comité exécutif de la CSN qui a mené la négociation avec l'entreprise. «Dans les dossiers de McDonald et WalMart, ça s'est terminé en arbitrage de première convention. Nous sommes contents que ce ne soit pas — ni pour Couche-Tard ni pour nous — un arbitre qui ait décrété les conditions de travail.»

Les cinq dépanneurs appartenant à des franchisés sont situés à Boisbriand, dans les Laurentides, Pierrefonds sur l'île de Montréal, Saint-Liboire et Saint-Hubert en Montérégie ainsi que sur le boulevard Henri-Bourassa à Montréal. Le commerce appartenant à Couche-Tard est situé à Victoriaville, dans le Centre-du-Québec.

Les travailleurs de ces commerces avaient obtenu leur accréditation syndicale il y a plus de deux ans.

Les deux commerces qui ont fermé leurs portes étaient situés à Montréal. La teneur de la compensation financière qui sera versée aux ex-employés est gardée confidentielle, mais Couche-Tard s'est engagé à y implanter la même convention collective qu'avec les six autres commerces syndiqués si jamais ils étaient rouverts.

Le contrat de travail est d'une durée de trois ans. Il entre en vigueur dès maintenant mais les augmentations de salaire sont rétroactives au moment de l'accréditation.

Au-delà des questions salariales, les employés ont obtenu la reconnaissance de l'ancienneté et, surtout, le respect de certaines normes en matière de santé et de sécurité au travail.

«Je le fais pour moi, mais je le fais pour ceux qui viennent derrière moi aussi», a expliqué Luis Donis, président du Syndicat des travailleurs des Couche-Tard de Montréal.

«Ce sont les conditions de travail, les injustices, le manque de respect, ce sont toutes des choses qui m'ont vraiment poussé à le faire», a-t-il raconté en conférence de presse, faisant référence à son implication syndicale et aux injustices dont il dit avoir été témoin.

«Les injustices? Faire lever des caisses de lait à des femmes enceintes, ne pas avoir un suivi psychologique après une agression armée. Dans mon Couche-Tard, c'est arrivé pas mal souvent», a-t-il ajouté.

La CSN, qui entend poursuivre la syndicalisation de ces dépanneurs, estime qu'il s'agit là d'une victoire majeure pour le mouvement syndical.

Du côté patronal, Couche-Tard s'est également réjoui de la conclusion d'une entente.

Dans un courriel envoyé à La Presse Canadienne, la porte-parole de l'entreprise, Mélissa Lessard, a indiqué que «Couche-Tard est satisfaite d'avoir pu trouver un terrain d'entente avec la CSN et ses employés syndiqués qui rejoigne les intérêts de tous».

Mme Lessard ajoute que «Couche-Tard et la CSN ont conclu une entente qui règle tous leurs différends en matière de relations de travail». Elle note que l'entente comprend non seulement les conventions collectives des employés syndiqués mais prévoit également le retrait de toutes les plaintes déposées par la CSN devant la Commission des relations du travail (CRT).

La CSN avait en effet déposé au tribunal trois plaintes, accusant l'entreprise de négocier de mauvaise foi, d'entrave, d'intimidation et de menaces pour activités syndicales.

L'action d'Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B) a cédé lundi 44 cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 69,71 $.