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OSM Éclaté: Beethoven, Frank Zappa et une surprise

27/10/2013 05:06 EDT | Actualisé 29/10/2013 08:58 EDT
Getty
MUNICH, GERMANY - MAY 18: Conductor Kent Nagano as seen on stage during the Ball der Kuenste at Haus der Kunst on May 18, 2007 in Munich, Germany. (Photo by Johannes Simon/Getty Images)

Samedi soir avait lieu l'événement-bénéfice OSM Éclaté à la Maison symphonique de Montréal. La soirée a permis d'amasser près de 34 000$, selon les organisateurs.

L'OSM Éclaté réunit annuellement des jeunes professionnels dans le but de créer une relève et d'amasser des fonds pour l'orchestre symphonique. Chaque année, Kent Nagano et l'OSM interprètent alors une pièce inusitée pour un orchestre symphonique. L'an dernier, c'est DJ Champion qui s'était prêté au jeu de composer une pièce interprétée en sa présence, tandis qu'il faisait jouer ses platines.

L'événement est précédé d'un cocktail dînatoire et d'une causerie avec le maestro Kent Nagano.

Pour sa quatrième édition, OSM Éclaté a réuni quelque 600 jeunes professionnels issus de divers milieux d'affaires. L'événement affichait complet.

Samedi soir, les détenteurs d'un billet (au coût de 150$) ont eu droit à une prestation de la 5e symphonie de Beethoven, suivie de Teiresias, pour six contrebasses, de Jörg Widmann. La pièce de résistance était Bogus Pomp, de Frank Zappa.

Surprise de taille, l'animateur Matthieu Dugal est monté sur scène avant l'interprétation de Bogus Pomp pour présenter une conversation en direct par satellite avec le fils du célèbre chanteur américain décédé en 1993. Dweezil Zappa se trouvait à L'Assomption pour un spectacle intitulé Zappa Plays Zappa. Après une improvisation live, Dweezil Zappa a remercié l'OSM pour cet hommage à son père. Moment touchant qui mettait la table pour Bogus Pomp.

La pièce a une importance particulière pour Kent Nagano, qui l'a enregistrée en compagnie de Frank Zappa pour la première fois en 1983. Le maestro commençait alors sa carrière, et Zappa entrait ainsi dans le monde de la musique classique, ce qu'il avait toujours souhaité.

Bogus Pomp est une oeuvre très cinématographique, parfaitement adaptée à cet auditoire de jeunes adultes venus s'initier à la musique classique. Le tout est un peu déjanté, à l'image de l'oeuvre de Zappa, voire disparate. On y reconnaît aussi des touches d'humour, peu communes dans l'enceinte de la Maison symphonique.

D'ailleurs, à un moment, le violoncelliste s'est mis debout pour jouer comme s'il tenait un violon, puis les cuivres ont allumé des cigarettes électriques au fond de la scène. Le message était clair, l'oeuvre reprennait les codes de la musique classique pour mieux la tourner en dérision. Zappa reste Zappa, après tout.

Si Bogus Pomp semble avoir fait l'unanimité, Teiresias, pour six contrebasses a été reçue beaucoup plus froidement. Avec uniquement six contrebasses sur scène, le morceau était ponctué de coups d'archets vifs et angoissants. Un peu trop pour l'auditoire qui venait tout juste d'apprécier la majestueuse interprétation de la 5e symphonie de Beethoven.

Le tout s'est terminé par une soirée-cocktail dans entre les grands murs vitrés de la Maison symphonique au son de DJ Mistress Barbara.

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