POLITIQUE

Pas d'élections générales: les partis accueillent bien la décision de Marois (VIDÉO)

26/10/2013 07:15 EDT | Actualisé 26/12/2013 05:12 EST

MONTRÉAL - Les trois partis d'opposition ont applaudi la décision de Pauline Marois de ne pas déclencher d'élections générales avant la fin de l'année, un scénario qui pourrait ouvrir la porte à l'arrivée de Philippe Couillard à l'Assemblée nationale d'ici les prochains mois.

La première ministre a annoncé son intention de déclencher des élections complémentaires dans les circonscriptions montréalaises d'Outremont et de Viau, auparavant représentées par les libéraux Raymond Bachand et Emmanuel Dubourg. Mme Marois en a profité pour inviter de nouveau son rival libéral à se lancer dans l'arène.

Philippe Couillard, qui a reconnu samedi «parfois s'ennuyer» de l'Assemblée nationale, n'a pas écarté la possibilité de se présenter dans l'une des deux circonscriptions.

Il a cependant dit vouloir attendre que les élections complémentaires soient officiellement déclenchées avant de le confirmer.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) n'a toutefois pas attendu avant d'émettre une hypothèse sur les raisons ayant pu motiver la première ministre à écarter l'idée d'un scrutin automnal. Selon lui, Mme Marois a préféré ne pas appeler les Québécois aux urnes en réalisant que la cote de popularité de sa formation politique n'était pas assez élevée dans les sondages.

Cela démontre que le gouvernement «a conclu à l'échec de son programme de gouvernement depuis un an», a suggéré M. Couillard, lors d'un point de presse s'étant tenu à l'issue du Conseil général de son parti, à Montréal.

«Ils ont clairement conclu qu'ils sont incapables d'avoir la confiance de la population sur la base du bilan de la dernière année», a-t-il ajouté.

L'un de ses députés, Jean-Marc Fournier, n'a pu s'empêcher d'ironiser sur la situation.

Le chef de l'opposition officielle a lui aussi affirmé que le gouvernement Marois avait finalement décidé de ne pas déclencher d'élections anticipées car il n'a pas la confiance de l'électorat.

«Je crois comprendre qu'ils ont fait l'analyse qu'ils n'avaient pas la confiance des Québécois», a commenté le député libéral.

M. Fournier s'est réjoui de constater que la première ministre et ses troupes pourront «enfin gouverner» au lieu de lancer «des ballons électoraux comme ils le font depuis trois mois», a-t-il déclaré.

«On avait un moratoire à Québec, maintenant, on a un gouvernement, semble-t-il», a lancé en boutade Jean-Marc Fournier.

Pauline Marois a ainsi enfin montré qu'elle était une première ministre et non pas la leader du Parti québécois, a ajouté M. Fournier.

Son collègue Pierre Moreau a pour sa part avancé que Mme Marois aurait maintenant beaucoup à faire pour mettre à exécution les nombreuses annonces qui ont été faites dans les dernières semaines.

«Elle a multiplié les annonces électoralistes et (...) la difficulté dans laquelle elle nous plonge, c'est qu'elle va devoir donner suite à ces annonces, qu'elle aurait probablement pliées au lendemain des élections», a-t-il affirmé.

«Maintenant, on va voir quel était le sérieux des annonces réellement et voir si elle est capable de livrer la marchandise. Moi, je vous fais le pari que non», a ajouté le député de Châteauguay.

Les électeurs de Viau et d'Outremont seront donc vraisemblablement appelés aux urnes avant la période des Fêtes, mais les deux députés qui l'emporteront dans ces circonscriptions ne feront pas leur entrée au Salon bleu avant la reprise des travaux, en février.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, n'était pas disponible pour commenter l'annonce de Mme Marois. Son attaché de presse, Jean-François Del Torchio, a lancé que le véritable test du gouvernement coïncidera avec le dépôt du prochain budget.

«D'ici là, le gouvernement doit déposer sa mise à jour économique au cours des prochaines semaines pour que les Québécois constatent la situation dans laquelle le PQ nous a placés», a-t-il indiqué par courriel.

La porte-parole parlementaire de Québec solidaire et députée de Gouin, Françoise David a pour sa part déclaré que ses troupes étaient «très heureuses» d'apprendre que la première ministre n'entendait pas plonger le Québec dans une nouvelle campagne électorale.

Elle a ensuite tenu à préciser que si Pauline Marois avait pris la décision inverse, les membres de son équipe auraient pu réagir promptement.

«Nous avons travaillé très fort depuis un mois et donc, nous étions prêts à toute éventualité» a-t-elle déclaré en entrevue à La Presse Canadienne.

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