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Tunisie : les négociations commencent entre l'opposition et le gouvernement

25/10/2013 08:29 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST

Après trois mois de crise politique aiguë dans un climat de violence en Tunisie, les négociations ont commencé vendredi entre l'opposition et le gouvernement dominé par les islamistes d'Ennahda.

Ces pourparlers n'ont pu commencer qu'après que le premier ministre Ali Larayedh se fut engagé par écrit à démissionner.

Houcine Abassi, le secrétaire général du syndicat Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) et principal médiateur entre les deux parties, a indiqué que trois questions allaient être discutées en commissions. Il s'agit de la formation d'un nouveau gouvernement, de l'élaboration de la Constitution et des prochaines élections.

« Je veux rassurer le peuple tunisien, la crise politique va être résolue », a déclaré M. Abassi.

Les discussions, qui se déroulent à huis clos, doivent trouver une issue à l'impasse dans laquelle se trouve le pays depuis l'assassinat fin juillet de l'opposant Mohamed Brahmi, crime attribué à la mouvance djihadiste dont les attaques se multiplient depuis la révolution de janvier 2011.

L'opposition accuse les islamistes d'avoir fait preuve de laxisme face au courant salafiste, et de chercher à limiter les libertés acquises avec la révolution.

Selon la feuille de route de négociations, d'ici sept jours, la classe politique doit désigner un premier ministre indépendant qui aura deux semaines pour former son Cabinet non partisan composé de technocrates. Le gouvernement d'Ali Larayedh devra démissionner à l'issue de ce processus.

En parallèle, les négociateurs auront un mois pour résoudre les désaccords sur la future Constitution et l'Assemblée nationale constituante (ANC) devra en adopter les articles au fur et à mesure.

Enfin, les deux parties doivent créer une législation et une commission électorales avant de fixer la date des législatives et de la présidentielle.

Attaques terroristes et pays bloqué

Ce dialogue national alors que les attaques attribuées aux djihadistes se multiplient.

La Tunisie observe depuis jeudi un deuil de trois jours après que six gendarmes et un policier sont morts dans deux incidents séparés.

Les funérailles jeudi des gendarmes et du policier ont aussi été émaillées de violences visant des bureaux d'Ennahda, dans le nord-ouest de la Tunisie. Les heurts ont fait cinq blessés.

La Tunisie n'est toujours pas parvenue, depuis la révolution de janvier 2011 qui a entraîné la chute de l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali, à se doter d'institutions pérennes et d'une Constitution.

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