POLITIQUE

Le PQ agit de façon perverse en bafouant des institutions, selon Pierre Paradis

25/10/2013 03:49 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST
PC

QUÉBEC - Le gouvernement péquiste agit de façon «très perverse» en bafouant des institutions comme le vérificateur général et l'Assemblée nationale.

L'opposition a ainsi dénoncé, vendredi, les manoeuvres du Parti québécois (PQ) notamment pour ne pas soumettre à l'examen du vérificateur général la mise à jour économique à venir du ministère des Finances.

Les libéraux et les caquistes se sont ligués en Chambre contre le PQ pour faire adopter une motion mandatant le vérificateur général afin qu'il valide les chiffres du gouvernement. Mais, dans une lettre, le ministère des Finances a refusé de voir le vérificateur se pencher sur les données, sinon sur les méthodes utilisées pour y arriver.

En outre, le gouvernement a aussi refusé une demande de la commission des Finances publiques de l'Assemblée nationale et pilotée par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui visait à obtenir des mises à jour mensuelles des états financiers de plus d'une soixantaine d'organismes publics, qui n'apparaissent pas dans le bilan gouvernemental.

Selon le porte-parole libéral en matière de Finances, Pierre Paradis, le gouvernement fait ainsi de «l'obstruction systématique» à l'égard des institutions. Celui qui compte parmi les vétérans parlementaires a affirmé qu'il n'a jamais vu ça dans l'histoire récente. Cette obstruction a quelque chose de «pervers», en raison du danger qu'elle représente pour la démocratie.

«À partir du moment où le gouvernement ne respecte plus l'institution qu'est le vérificateur général, ne respecte plus l'institution qu'est l'Assemblée nationale, on a un problème fondamental de démocratie, a-t-il déclaré dans une entrevue téléphonique vendredi. Si on ne prend pas fait et cause pour ces organismes, c'est qu'on se fout du peuple. C'est très pervers. J'ai déjà vu des déviances, mais je n'ai jamais vu de l'obstruction systématique à l'encontre des institutions.»

Il a rappelé que Pauline Marois s'était engagée lors de la dernière campagne électorale à fournir un portrait impartial des finances publiques un mois avant la tenue du prochain scrutin.

«C'est un gouvernement irrespectueux des institutions, des engagements de la première ministre, et des contribuables.»

Pour sa part, le chef de la CAQ, François Legault, a abondé dans le même sens. Il est évident que Pauline Marois «veut cacher» les résultats financiers du gouvernement avant de partir en campagne électorale, a-t-il affirmé dans un entretien téléphonique vendredi.

«Le PQ va payer pour ça, elle (Pauline Marois) va payer un prix politique, elle avait fait des promesses claires à la dernière campagne électorale», a-t-il dit.

Le Parti québécois «bafoue complètement» le rôle confié au vérificateur général par l'Assemblée nationale à l'unanimité, a estimé le chef caquiste. Il ne reconnaît plus le parti respectueux des institutions pour lequel il a autrefois milité, a-t-il conclu.

Le gouvernement soutient pour sa part qu'il n'est pas du ressort du vérificateur général d'examiner des prévisions économiques, mais plutôt des états financiers. Il pourra donc plutôt se pencher sur les procédés retenus par le ministère des Finances pour établir sa mise à jour, a indiqué la porte-parole du ministre des Finances, Mélanie Malenfant.

Enfin, il serait impossible de fournir des données financières mensuelles des 62 organismes publics hors du budget du gouvernement québécois, étant donné la somme de travail considérable que cela exigerait de chacun des organismes, a plaidé Mme Malenfant.

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