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Des syndiqués de la Ville de Québec ciblés par des menaces

25/10/2013 01:19 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) mène une enquête au sujet d'une histoire de menaces à l'endroit d'employés syndiqués et de chefs syndicaux de la Ville de Québec.

Nancy Roussel, porte-parole du SPVQ, précise qu'une enquête a été ouverte après qu'une lettre ait été envoyée au Journal de Québec le 21 octobre par un groupe qui dit s'appeler l'Association des payeurs de taxes de la Ville de Québec.

Dans cette lettre, des employés et des chefs syndicaux, de même que les membres de leur famille, sont menacés de violence. On peut y lire que « l'équipe de bâton de baseball » de l'Association des payeurs de taxes de la Ville de Québec a répertorié les noms et adresses des chefs syndicaux et qu'il ne reste qu'à « définir le jour et l'endroit de la partie de bâton de baseball. »

Un dossier pris au sérieux

Le SPVQ dit ne pas prendre ce dossier à la légère. « C'est un message de menace. Il est soumis aux enquêtes et il va être traité comme n'importe quel dossier de menace. On va voir s'il y a un moyen de déterminer qui a envoyé ce message-là, qui est l'auteur », fait savoir Nancy Roussel.

Mise au courant de l'existence et du contenu de cette lettre, la Ville de Québec a aussitôt décidé de transmettre un message aux employés municipaux.

« On a jugé tout à propos d'informer notre personnel ce matin par courrier que la Ville prenait au sérieux toute menace », a affirmé Jacques Perron, porte-parole de la Ville de Québec.

Lecture différente

Si la Ville refuse de faire un lien entre cette affaire et le bras de fer que se livrent les syndicats et Régis Labeaume dans le cadre de la présente campagne électorale, la lecture des événements est complètement différente du côté des syndicats, à commencer par celui des cols blancs.

Lors d'un point de presse vendredi après-midi, le président du Syndicat des fonctionnaires municipaux de la Ville de Québec, Jean Gagnon, a dit voir un lien direct entre la montée de la haine de la population à l'endroit des cols blancs et les propos méprisants que le maire sortant emploie à leur endroit depuis plusieurs mois.

Jean Gagnon a fait savoir que des employés municipaux craignent même pour leur sécurité. « Présentement, c'est la panique à la Ville de Québec. Il y a en qui veulent exercer des droits de refus, parce qu'ils ont peur de rentrer dans les bâtisses qui ne sont pas sécurisées », a-t-il lancé.

« Il ne faut pas minimiser ça, c'est un acte de violence. On envisage même de penser être obligé d'avoir des gardes du corps et des agents de sécurité, imaginez-vous donc ! », a dit M. Gagnon, avant d'ajouter que des poursuites seront déposées contre la Ville de Québec et l'employeur.

De son côté, le syndicat des cols bleus de la Ville de Québec a fait savoir vendredi après-midi qu'il n'a pas l'intention de faire de commentaires relativement à ce dossier.

S'il réserve ses commentaires, le syndicat déplore néanmoins le ton belliqueux utilisé pendant la campagne électorale par le maire sortant. Ce dernier, qui est de passage à Sherbrooke, a par ailleurs affirmé qu'il ne ferait pour l'instant aucun commentaire au sujet de cette affaire.

De son côté, le chef de Démocratie Québec, David Lemelin, estime que cette histoire de menaces à l'endroit d'employés syndiqués et de chefs syndicaux de la Ville de Québec est une conséquence de la détérioration des relations de travail entre les employés municipaux et le maire sortant de Québec.

« Chose certaine : le climat qui est instauré depuis plusieurs années à Québec [...], ça contribue à faire en sorte qu'il y a des gens qui pensent que c'est une très bonne idée de se payer une opération batte de baseball. Pour moi, c'est vraiment scandaleux ce qui se passe présentement », déplore le chef de Démocratie Québec.

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