NOUVELLES

Benoit Roberge aurait reçu 500 000 $ des Hells

25/10/2013 06:28 EDT | Actualisé 25/12/2013 05:12 EST
Radio-Canada

Benoit Roberge, l'ex-enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) que la police soupçonne d'être une taupe, aurait reçu un demi-million de dollars pour des informations transmises aux Hells Angels, de 2010 à 2013.

Un texte d'Isabelle Richer

Jusqu'à maintenant, l'enquête n'a pas permis de retracer cet argent.

L'ex-policier, spécialiste du crime organisé, aurait vendu des informations à René Charlebois, membre influent du chapitre des Nomads. Charlebois, qui était détenu depuis l'opération Printemps 2001 visant les Hells Angels, pouvait compter sur l'aide d'un complice à l'extérieur de la prison pour faire la livraison d'argent à Benoit Roberge.

À une occasion, Roberge aurait reçu une somme d'environ 100 000 dollars pour des informations vendues aux motards criminels.

Malgré le fait qu'il était incarcéré, René Charlebois avait accès à un téléphone cellulaire. C'est grâce à cet appareil qu'il pouvait communiquer avec Benoit Roberge qui, pour sa part, se servait également d'un cellulaire pour ses communications avec le détenu.

Une dizaine de conversations entre les deux hommes ont été enregistrées grâce à un complice de René Charlebois, un homme de 32 ans, de la région de Sorel.

À la suite de l'évasion du motard, le 14 septembre dernier de l'établissement à sécurité minimum Montée Saint-François où il était détenu depuis plus d'un an, les policiers ont tout mis en branle pour le retracer. Douze jours plus tard, Charlebois était retrouvé dans un chalet sur une petite île à proximité de Sainte-Anne-de-Sorel. Alors que les policiers s'apprêtaient à intervenir pour le mettre en état d'arrestation, le fugitif se serait suicidé à l'aide d'une arme à feu.

Quelques jours plus tard, les policiers remontaient jusqu'au complice présumé de René Charlebois, chez qui ils auraient saisi les enregistrements incriminants pour le policier Roberge.

La Sûreté du Québec a alors échafaudé un scénario pour piéger Roberge. Un agent double l'a contacté pour lui dire qu'il était en possession d'enregistrements compromettants et qu'il était prêt à les lui céder contre un montant de 50 000$. L'ancien policier a acquiescé et un rendez-vous a été fixé.

Le 5 octobre, la Sûreté du Québec procédait à l'arrestation de Benoit Roberge au centre commercial 10-30 sur la rive sud de Montréal. Il était alors en compagnie d'un membre proche de la mafia italienne.

Roberge avait pris sa retraite du SPVM peu de temps auparavant et était à l'emploi de Revenu Québec à titre de chef du renseignement de sécurité. Il a été congédié depuis.

Selon nos sources, les renseignements vendus aux motards auraient fait dérailler des enquêtes en cours et auraient même permis à plusieurs suspects d'échapper à des ratissages policiers.

Benoit Roberge est détenu depuis son arrestation et il doit revenir en cour le 8 novembre prochain pour fixer la date de son enquête sur remise en liberté.