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Services essentiels : la FTQ étudie la possibilité de contester la démarche d'Ottawa

24/10/2013 05:19 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST

Au lendemain de l'annonce par le gouvernement fédéral de sa volonté de dicter lui-même les services essentiels à maintenir en cas de grève dans la fonction publique, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a demandé à ses avocats de voir s'il n'y aurait pas matière à contester la démarche.

En entrevue avec La Presse Canadienne jeudi, le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer, a exprimé son mécontentement. « On n'est pas soumis à leurs diktats. Nos avocats sont en train d'étudier la possibilité de contester ça, parce que c'est une atteinte à notre liberté d'association et de négociation. Et on pense que ça va à l'encontre de la Charte des droits et libertés. »

En vertu des dispositions annoncées mercredi par le président du Conseil du Trésor fédéral, Tony Clement, lorsqu'au moins 80 % des travailleurs d'une unité de négociation occupent un poste jugé essentiel, cette unité de négociation n'aurait plus le droit de grève.

Aux yeux de M. Boyer, cette intervention fédérale est sortie de nulle part, sans raison. « Je ne vois pas pourquoi le fédéral intervient. Est-ce qu'il y a eu des problèmes dans le passé, lors de conflits de travail, sur les effectifs en place qui nuisaient à la santé et à la sécurité de la population? Je ne crois pas. Et s'il y en avait eu, le gouvernement aurait dû nous interpeller. On se serait assis. On aurait fort probablement trouvé des solutions, comme on le fait habituellement », a plaidé le numéro deux de la FTQ.

Selon M. Boyer, des grèves dans la fonction publique fédérale, « ça fait longtemps qu'il n'y en a pas eu ». Et « c'est pour ça qu'on se demande pourquoi le gouvernement fédéral met de l'huile sur le feu pour rien », ajoute-t-il.

Actuellement, les services essentiels sont négociés entre les parties, lorsqu'un conflit de travail se dessine à l'horizon. Au fédéral, il peut s'agir de services essentiels dans l'inspection des transports aérien et terrestre, par exemple.

En commentant les futures dispositions qu'il veut faire adopter, le ministre Clement a dit trouver « complètement ridicule » qu'un employeur, dans ce cas-ci le gouvernement du Canada, doive négocier avec des syndicats pour décider quels postes sont essentiels.

« Ce gouvernement-là est antitravailleurs, antisyndicats, anti-Québec et va dans le même sens encore une fois. Et il le fait toujours à la cachette », a tonné M. Boyer, qui souligne que cette disposition a d'abord été camouflée dans un vaste projet de loi omnibus censé porter sur la mise en oeuvre du budget fédéral.

Par l'entremise de l'Alliance de la fonction publique du Canada, la FTQ représente près de 40 000 de ces travailleurs au Québec.

La Presse Canadienne

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