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Mobilité réduite : tous les partis prônent plus d'accessibilité à Montréal

24/10/2013 03:42 EDT | Actualisé 23/12/2013 05:12 EST

Quatre représentants des principaux partis qui briguent la mairie de Montréal ont débattu jeudi des problèmes d'accessibilité que rencontrent les personnes à mobilité réduite à Montréal.

Le débat, animé par le journaliste de Radio-Canada, Robert Frosi, opposait Damien Silès, d'Équipe Coderre, Louise Harel, de Coalition Montréal, Émilie Thuillier, de Projet Montréal, et Lorraine Pagé, du groupe Mélanie Joly.

Selon les organismes AlterGo et Rapliq, organisateurs de l'événement, plus de 600 000 Montréalais éprouvent, à un niveau ou un autre, un problème d'incapacité en raison de leur condition physique, de maladies ou de limitations diverses.

L'Institut de la statistique du Québec dévoilait plus tôt ce mois-ci qu'environ le tiers des Québécois âgés de 15 ans et plus souffrent d'une incapacité, qu'elle soit liée à la vue, l'ouïe, la parole, la mobilité, la mémoire ou autres.

Or, ces personnes connaissent souvent des problèmes d'accessibilité dans la ville, notamment aux services municipaux.

Lors du débat, tous les candidats s'entendaient pour dire qu'il faut faire plus et mieux pour rendre Montréal plus accessible.

Pas de virage au feu rouge et des intersections plus sécuritaires

Tous se sont aussi dits contre le virage à droite au feu rouge.

Lorraine Pagé exige plutôt davantage de discipline des automobilistes dans les rues.

« Je n'ai pas de problème de mobilité particulière, mais l'autre fois je promenais ma petite fille dans la poussette, j'ai emprunté une traverse de piéton, et les deux qui n'ont pas arrêté c'est l'auto de police et l'autobus! Alors ça veut dire qu'il y a une culture à implanter », a déclaré la candidate du groupe Mélanie Joly.

Émilie Thuillier a pour sa part remis en question la sécurité des intersections sur les grands boulevards et les rues passantes non seulement pour les personnes à mobilité réduite, mais aussi pour les enfants et les personnes âgées.

« Traverser les artères, Henri-Bourassa, Papineau, qui sont les rues ici dans notre quartier [...] c'est encore trop difficile, pis c'est pour tout le monde, les enfants, les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, vraiment tout le monde. Quinze seconds ce n'est pas assez pour traverser une grosse artère », a expliqué la candidate de Coalition Montréal devant une salle comble.

« À court terme, le défi est de maintenir l'engagement de la Ville en faveur de l'accessibilité universelle suite aux élections du 3 novembre », estime Sophie Lanctôt, directrice générale de la Société Logique, qui travaille à la création d'environnement universellement accessible.

« Les élus sortants sont sensibilisés, mais les autres partenaires ne le sont pas toujours », ajoute-t-elle. Le défi des prochains élus montréalais sera donc de coordonner les interventions municipales avec celles du privé et des autres institutions.

Le Regroupement activiste pour l'inclusion Québec (RAPLIQ) a quant à lui fait parler de lui à la mi-septembre en organisant une manifestation à l'hôtel de ville lors d'un conseil municipal pour réclamer une meilleure accessibilité aux bureaux de vote lors des élections municipales du 3 novembre prochain.

Pas d'obligations dans les immeubles privés

Bien que des règles relatives à l'accessibilité s'appliquent aux lieux publics, aucune mesure coercitive n'existe pour les lieux privés, comme les commerces.

L'Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) propose des outils de formations autant pour les organismes publics que pour le secteur privé.
Car si le tiers des Québécois a une forme de handicap, les entreprises qui ne leur facilitent pas l'accès risquent de se priver d'une clientèle considérable, souligne Michael Watkins, porte-parole de l'OPHQ.

D'après un reportage de Marc Verreault

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