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Froid entre Riyad et Washington

24/10/2013 03:21 EDT | Actualisé 23/12/2013 05:12 EST

Contrairement à la plupart de ses homologues, le chef des services secrets saoudiens, Bandar Ben Soultan, est un homme loquace.

Selon plusieurs sources citées par Reuters et des journaux arabes, ces derniers jours, Bandar Ben Soultan a rencontré des diplomates européens à qui il a dit que son pays était en colère contre les États-Unis, pourtant un allié de toujours.

Les raisons de sa colère contre Washington se résument en deux points : la « frilosité » des Américains dans le conflit syrien et le rapprochement récent des États-Unis avec Téhéran.

Bandar Ben Soultan aurait dit à ses interlocuteurs que l'Arabie saoudite allait procéder à un changement substantiel dans ses relations avec Washington. Le chef des services secrets a laissé entendre que l'Arabie saoudite voulait maintenant sortir de son état de dépendance.

Il a également reproché aux États-Unis de ne pas avoir soutenu son pays lorsque ce dernier est intervenu militairement au Bahreïn pour mater le soulèvement contre le régime en place, en 2011.

Le haut responsable saoudien a expliqué que les changements à venir dans les relations avec les États-Unis concerneront notamment l'approvisionnement en armement et la vente de pétrole.

Par ailleurs, Bandar Ben Soultana a expliqué qu'il n'y aura plus de coordination avec les États-Unis dans le conflit syrien.

Refus d'un siège au Conseil de sécurité

Le royaume saoudien est le principal fournisseur d'armes et d'argent aux groupes de la rébellion syrienne et il soutient la Coalition nationale syrienne. L'actuel chef de la Coalition, Ahmad Jarba, est proche de l'Arabie saoudite : il est issu d'une tribu qui a une alliance familiale avec la famille royale saoudienne.

Quelques jours avant la publication des propos de Bandar Ben Soultan, l'Arabie saoudite avait décliné un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Le ministre saoudien des Affaires étrangères a aussi refusé de prononcer le discours annuel à l'Assemblée nationale, invoquant la « duplicité » de l'instance onusienne.

Riyad explique son refus de siéger au Conseil de sécurité par « l'échec de l'ONU » dans la résolution de la question palestinienne et du conflit syrien, ainsi que par « l'incapacité » des Nations unies de faire du Moyen-Orient une région sans armes nucléaires.

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