NOUVELLES

Espionnage : l'Europe met en garde contre le totalitarisme

24/10/2013 07:54 EDT | Actualisé 24/12/2013 05:12 EST
AP
German Chancellor Angela Merkel, right, gestures besides Jose Manuel Barroso, President of the European Commission, at the Ozeaneum sea museum during the opening plenary session of the summit of the Council of the Baltic Sea States in Stralsund, Germany, Thursday, May 31, 2012. Germany is hosting government leaders and officials from the countries around the Baltic Sea to discuss energy security and ways to foster competitiveness and growth across the region. (AP Photo/Jens Buttner, Pool)

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, défend le « droit fondamental » au respect de la vie privée et met en garde contre le « totalitarisme », dans la foulée des dernières révélations sur l'espionnage américain en Europe.

« La protection de la vie privée est très importante pour l'Europe », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse juste avant le sommet européen de Bruxelles.

Il a évoqué la situation en Allemagne de l'Est, à l'époque de la République démocratique allemande (RDA), quand « la police politique espionnait les gens quotidiennement ».

Le sommet des dirigeants européens s'est ouvert jeudi à Bruxelles, sous le choc d'une nouvelle série de révélations fracassantes sur l'espionnage des Européens par les services de renseignement américain.

La dernière controverse en date, révélée mercredi par le gouvernement allemand, indique que le téléphone portable de la chancelière, Angela Merkel, était lui aussi sur écoute.

Remous en Allemagne

L'écoute présumée du portable d'Angela Merkel par les États-Unis fait d'aileurs encore des vagues en Allemagne.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a convoqué en personne l'ambassadeur américain jeudi. Il s'agit là d'une démarche rarissime à l'égard des États-Unis.

L'ambassade américaine a déjà fait savoir qu'elle n'avait aucun commentaire sur cette affaire.

Entre-temps, la justice fédérale allemande, responsable des affaires d'espionnage, a annoncé qu'elle étudiait le dossier. Elle a ouvert une « procédure d'observation », au cours de laquelle il va réunir les informations sur l'affaire. Cette démarche pourrait mener à une enquête formelle.

La presse allemande estimait jeudi que cette histoire était un camouflet pour la chancelière, qui s'était montrée compréhensive depuis le début du scandale sur les écoutes de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA).

Angela Merkel a demandé des comptes mercredi au téléphone au président américain. Ce dernier a assuré la dirigeante allemande que les États-Unis « ne surveillent pas et ne surveilleront pas les communications de la chancelière ».

Cette affaire survient alors que l'Europe est déjà secouée par les révélations du Monde. Selon le quotidien, qui cite des documents de l'ex-consultant de l'agence américaine Edward Snowden, la NSA a effectué 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques de Français entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, en plus d'espionner les ambassades françaises.

Rencontre Hollande-Merkel

Ce nouveau rebondissement dans les activités menées par la NSA devrait donc pimenter la réunion du Conseil européen à Bruxelles jeudi et vendredi.

En marge du sommet, Angela Merkel et le président français, François Hollande, vont d'ailleurs discuter de toute cette affaire, selon une source diplomatique française.

D'autre part, la Commission européenne appelle les Européens à s'unir. Selon la Commission, il est temps d'agir pour donner à l'Union européenne une voix « forte et unie » devant les Américains.

« La protection des données doit s'appliquer en toute occasion, aux mails des citoyens comme au téléphone portable d'Angela Merkel », a souligné la commissaire européenne chargée de la Justice, Viviane Reding.

« Maintenant, il faut agir et pas seulement faire des déclarations au sommet » européen, a déclaré la commissaire européenne, en référence à son projet de loi sur la protection des données. Ce projet de loi est bloqué depuis des mois en raison de divergences entre les États membres. La commissaire pousse pour que sa proposition soit adoptée d'ici le printemps prochain.

Le projet de loi prévoit notamment que les grands groupes de l'Internet obtiennent le consentement préalable des personnes pour l'utilisation de leurs données personnelles, sous peine d'amendes.

INOLTRE SU HUFFPOST

Les détournements de l'affaire PRISM